Pourquoi répète-t-on les mêmes erreurs ?
Comprendre pourquoi on recommence malgré soi
⏱️ Temps de lecture : 20 minutes - Publié le 5 octobre 2026
Vous avez peut-être déjà vécu cette situation : vous savez qu'une décision, une relation ou un comportement ne vous fait pas du bien, vous vous êtes même dit de ne pas recommencer… et pourtant, quelques semaines ou quelques mois plus tard, vous vous retrouvez dans une situation très similaire.
Pourquoi répète-t-on les mêmes erreurs alors que l'on sait qu'elles nous font du mal ?
Ce fonctionnement peut être particulièrement déstabilisant. On peut avoir l'impression de manquer de volonté, de faire de mauvais choix ou de ne pas apprendre de ses expériences. Pourtant, répéter un comportement n'est pas forcément une question de volonté ou de manque de lucidité.
Nos comportements sont influencés par nos pensées, nos émotions, nos habitudes, ce que nous cherchons à éviter et ce que nous obtenons immédiatement en agissant d'une certaine manière. Il est donc possible de comprendre qu'un comportement nous est défavorable tout en continuant à le reproduire.
Les approches psychologiques, et notamment les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), permettent de mieux comprendre ces mécanismes. La métacognition peut également nous aider à prendre du recul sur nos pensées et nos réactions, tandis que les connaissances issues des neurosciences permettent d'éclairer certains mécanismes liés aux habitudes, à l'apprentissage et à la prise de décision.
Comprendre pourquoi nous répétons certains schémas ne permet pas toujours de les changer immédiatement, mais c'est souvent une première étape pour commencer à agir autrement.
Répéter une situation ne signifie pas forcément répéter la même erreur
Lorsque l'on se retrouve dans une situation qui ressemble à une expérience passée, notre première réaction peut être de penser : Encore une fois… Je n'ai donc rien appris.
Pourtant, avant de parler "d'erreur", il est intéressant de regarder ce qui s'est réellement passé.
Prenons l'exemple d'une relation ressentis comme toxique. Vous avez peut-être déjà vécu une première relation dont il vous a fallu plusieurs mois pour sortir. Plus tard, vous vous retrouvez dans une relation qui présente certains mécanismes similaires. Vous pourriez alors avoir l'impression d'avoir recommencé exactement la même erreur. Mais cette fois, peut-être avez-vous identifié plus rapidement ce qui se passait. Peut-être avez-vous posé des limites plus tôt, demandé de l'aide, davantage écouté vos ressentis ou mis fin à la relation après deux mois au lieu de six.
La situation peut se répéter sans que votre réponse soit exactement la même.
C'est pourquoi, lorsque vous avez l'impression de reproduire un schéma, il peut être plus utile de vous demander :
- Qu'est-ce qui ressemble à la situation précédente ?
- Qu'est-ce que j'ai fait différemment cette fois-ci ?
- À quel moment ai-je compris ce qui était en train de se passer ?
- Combien de temps suis-je resté(e) dans cette situation par rapport à la fois précédente ?
- Qu'est-ce que je sais aujourd'hui que je ne savais pas à l'époque ?
- Qu'est-ce que j'ai réussi à faire cette fois que je n'arrivais pas encore à faire auparavant ?
Le changement n'est pas toujours visible dans le fait de ne plus jamais rencontrer la même difficulté. Il peut aussi se trouver dans la manière dont on y répond.
Parfois, le véritable progrès n'est donc pas de ne plus jamais faire face à une situation difficile, mais de la reconnaître plus rapidement, de rester moins longtemps dans un fonctionnement qui nous fait souffrir et de réussir progressivement à agir différemment.
Avant de conclure que vous répétez "toujours les mêmes erreurs", il peut donc être intéressant de regarder non seulement ce qui s'est reproduit, mais aussi ce qui a changé dans votre façon de réagir.
Pourquoi savoir qu'un comportement nous fait du mal ne suffit pas toujours à l'arrêter
On pourrait penser que le simple fait de comprendre qu'un comportement nous fait du mal devrait suffire à ne plus le reproduire. Pourtant, nous savons parfois très bien ce que nous ne voulons plus vivre… et nous le faisons quand même.
Vous pouvez savoir qu'une relation ne vous convient pas et avoir du mal à la quitter. Vous pouvez savoir que repousser une tâche augmente votre stress et continuer à procrastiner. Vous pouvez savoir que certaines pensées vous font souffrir et pourtant passer des heures à les analyser ou à les ruminer.
Cela ne signifie pas que vous ne comprenez pas la situation. Le problème est que comprendre et changer sont deux choses différentes.
Lorsque nous agissons, nous ne cherchons pas toujours à obtenir le meilleur résultat possible à long terme. Nous cherchons aussi, souvent sans en avoir conscience, à répondre à ce que nous ressentons dans l'instant.
Par exemple, éviter une situation qui nous angoisse peut nous apporter un soulagement immédiat. Rester dans une relation familière peut temporairement éviter la peur de la solitude. Repousser une tâche peut faire diminuer, pendant quelques minutes, la sensation de pression.
Le comportement peut donc avoir une conséquence négative à long terme tout en apportant quelque chose de positif ou de rassurant à court terme. C'est notamment ce qui peut contribuer à maintenir certains comportements.
On peut alors se retrouver dans un fonctionnement qui ressemble à ceci :
Une situation déclenche une émotion ou une pensée → nous réagissons d'une certaine manière → cette réaction nous soulage ou nous apporte quelque chose immédiatement → notre cerveau apprend que cette réaction est utile dans ce contexte → nous avons davantage tendance à la reproduire lorsque la situation se présente à nouveau.
Cela permet de comprendre pourquoi se dire simplement : "la prochaine fois, je ferai autrement" ne suffit pas toujours. Pour modifier un schéma, il faut souvent aller plus loin que la prise de conscience : comprendre ce qui déclenche notre réaction, ce que cette réaction nous apporte et ce qu'elle entretient à plus long terme.
Et c'est justement là qu'il devient intéressant de regarder non seulement ce que nous faisons, mais aussi ce qui se passe dans notre tête au moment où nous le faisons.
En TCC (thérapie cognitive et comportementale), on s'intéresse à ce qui se passe entre la situation et notre réaction
Lorsque nous avons l'impression de répéter toujours les mêmes erreurs, nous regardons souvent uniquement le résultat : Je me suis encore retrouvée dans cette situation.
On peut aller un peu plus loin et observer ce qui s'est passé entre la situation et la réaction.
Une même situation peut en effet déclencher des pensées, des émotions et des comportements différents selon les personnes, et parfois selon les moments de notre propre vie.
Prenons un exemple :
Vous rencontrez une personne qui vous plaît, mais certains comportements vous mettent progressivement mal à l'aise. Vous remarquez qu'elle ne respecte pas toujours vos limites.
Une première pensée peut être : Je suis peut-être trop exigeante.
Cette pensée peut provoquer du doute, de la culpabilité ou la peur de perdre la relation. Pour faire diminuer ce malaise, vous pouvez alors minimiser ce qui vous dérange, ne pas en parler ou vous adapter davantage.
Sur le moment, cette réaction peut vous permettre de retrouver un peu de calme et d'éviter un conflit. Mais quelques semaines plus tard, la situation peut s'être aggravée.
Le fonctionnement peut alors ressembler à ceci : Situation → pensées → émotions → comportement → conséquence immédiate → conséquence à plus long terme.
Ce schéma ne signifie pas que vous avez consciemment choisi de vous faire du mal. Il permet plutôt de comprendre comment une réaction qui semble logique sur le moment peut contribuer à maintenir une situation qui nous fait souffrir.
Et surtout, ce fonctionnement n'est pas figé. La prochaine fois que vous rencontrerez une situation similaire, vous pourrez peut-être remarquer plus rapidement les premiers signes, identifier la pensée qui apparaît, reconnaître l'émotion qu'elle provoque et expérimenter une autre manière d'y répondre.
C'est aussi pour cette raison qu'il est intéressant de ne pas seulement se demander : Pourquoi est-ce que je fais toujours la même chose ?
mais plutôt : Qu'est-ce qui se passe exactement au moment où je fais cela ?
Cette question permet de passer d'un jugement sur soi à une véritable observation de son fonctionnement. Et cette observation constitue souvent un point de départ beaucoup plus utile pour changer.
Nos pensées peuvent influencer nos réactions sans que nous en ayons toujours conscience
Lorsque nous vivons une situation qui nous met en difficulté, notre réaction ne dépend pas uniquement de ce qui se passe réellement. Elle dépend aussi de la manière dont nous interprétons ce qui se passe.
Certaines pensées apparaissent très rapidement, parfois tellement vite que nous ne les remarquons même pas.
- Une personne ne répond pas à notre message et nous pensons immédiatement : Elle m'en veut.
- Une erreur au travail et nous pensons : Je suis vraiment incapable.
- Une remarque de notre conjoint et nous pensons : Il ne me comprend jamais.
À partir de là, notre émotion et notre comportement peuvent suivre cette interprétation : inquiétude, colère, tristesse, besoin de se rassurer, évitement, reproches, rumination…
Le problème n'est pas d'avoir ces pensées. Nous ne choisissons pas toujours les pensées qui apparaissent. Ce qui peut faire une différence, c'est progressivement apprendre à les observer.
Ainsi, prendre un peu de recul par rapport à ce qui se passe dans notre esprit et pouvoir se demander :
- Est-ce que cette pensée est forcément vraie ?
- Qu'est-ce qui me fait penser cela ?
- Est-ce une interprétation ou un fait ?
- Est-ce que cette manière de voir la situation m'aide à agir comme je le souhaite ?
Ce changement de position peut sembler subtil, mais il est important. Il ne s'agit pas de remplacer systématiquement une pensée négative par une pensée positive. Il s'agit plutôt de pouvoir observer sa pensée sans être obligé de la suivre immédiatement.
Par exemple, au lieu de passer directement de " il ne répond pas, donc il m'en veut " à l'inquiétude puis à l'envoi d'un autre message, on peut apprendre à remarquer : Je remarque que je pense qu'il m'en veut. Je ne sais pas encore si c'est réellement le cas.
Cette petite distance peut ouvrir un espace entre ce que l'on pense et ce que l'on fait. Et c'est précisément dans cet espace que de nouvelles réponses deviennent possibles.
Avec le temps, apprendre à observer ses pensées peut donc permettre de moins réagir automatiquement et de davantage choisir la manière dont on souhaite répondre à une situation.
→ En savoir plus sur mes accompagnements pour l'anxiété, la dépression et le stress chronique
Pourquoi notre cerveau peut-il continuer à reproduire un comportement qui ne nous convient plus ?
Lorsqu'un comportement est répété de nombreuses fois, il peut devenir plus automatique. Nous n'avons alors pas besoin de réfléchir longuement pour le mettre en place : certaines situations peuvent suffire à déclencher une réaction que nous avons déjà adoptée auparavant.
C'est notamment lié aux mécanismes d'apprentissage. Un comportement qui produit régulièrement une conséquence immédiate peut avoir davantage tendance à être reproduit dans une situation similaire.
Prenons un exemple simple :
Vous ressentez une forte anxiété avant de prendre la parole en public et vous décidez finalement de ne pas participer. Sur le moment, votre anxiété diminue. Votre cerveau peut alors apprendre quelque chose comme : lorsque je suis dans cette situation et que je l'évite, je me sens rapidement mieux.
La prochaine fois qu'une situation similaire se présente, l'évitement peut donc revenir très rapidement.
Pourtant, à plus long terme, cette stratégie peut entretenir la peur et vous empêcher de découvrir que vous auriez peut-être été capable de faire face à la situation.
On retrouve ce type de mécanisme dans de nombreuses difficultés : évitement, procrastination, recherche constante de réassurance, rumination, réactions impulsives ou certaines habitudes relationnelles.
Cela ne signifie pas que votre cerveau veut vous faire répéter les mêmes erreurs. Il a simplement appris, au fil de vos expériences, que certaines réactions permettaient d'obtenir rapidement une conséquence recherchée : diminuer une émotion désagréable, éviter une menace perçue, retrouver un sentiment de sécurité ou obtenir une forme de soulagement.
C'est pourquoi un comportement peut continuer à être reproduit même lorsque nous savons qu'il nous pose problème.
La bonne nouvelle est que l'apprentissage peut évoluer. En modifiant progressivement nos réactions et en expérimentant de nouvelles façons de faire face aux situations, nous pouvons également apprendre autre chose.
Par exemple, une personne qui évite systématiquement une situation anxiogène peut progressivement expérimenter le fait de rester dans cette situation, observer ce qui se passe et découvrir qu'elle est capable de tolérer l'inconfort sans avoir besoin de fuir.
Le changement ne consiste donc pas seulement à se dire je ne dois plus faire ça. Il consiste aussi à faire de nouvelles expériences suffisamment nombreuses pour que de nouvelles façons de réagir deviennent possibles et, progressivement, plus naturelles. Même si au début, c'est inconfortable.
Et si ce que vous appelez une erreur avait une fonction ?
Lorsque nous regardons une situation avec le recul, certains de nos comportements peuvent nous sembler incompréhensibles : Pourquoi suis-je restée aussi longtemps ? Pourquoi ai-je encore accepté ça ? Pourquoi est-ce que je repousse toujours les choses alors que je sais que cela va me mettre en difficulté ?
Avec le recul, nous avons accès à des informations que nous n'avions pas forcément au moment où nous avons agi. Il est donc facile de juger notre comportement passé à partir de ce que nous savons aujourd'hui.
Pourtant, un comportement qui nous semble inadapté peut avoir eu une fonction à un moment donné.
Rester dans une relation peut permettre d'éviter la solitude. Ne pas poser une limite peut permettre d'éviter un conflit. Reporter une tâche peut temporairement diminuer la pression ressentie. Chercher sans cesse à être rassuré peut calmer une inquiétude pendant quelques instants.
Le comportement n'est donc pas nécessairement absurde. Il peut même être parfaitement compréhensible lorsque l'on regarde ce qu'il permet d'obtenir ou d'éviter à court terme.
La difficulté apparaît lorsque cette stratégie, qui apporte un soulagement immédiat, finit par avoir un coût important à plus long terme.
On peut alors se retrouver dans un cercle : une situation difficile → une émotion inconfortable → une réaction qui apporte un soulagement → un soulagement qui renforce la réaction → la même réaction qui réapparaît dans une situation similaire.
Comprendre cette fonction permet de changer de question.
Au lieu de se demander : Pourquoi est-ce que je fais encore n'importe quoi ?
On peut commencer à se demander : Qu'est-ce que cette réaction m'apporte ou m'évite, à court terme ?
Cette question n'a pas pour objectif de justifier tout ce que nous faisons. Elle permet plutôt de comprendre le fonctionnement avant de chercher à le modifier. Car si une réaction répond à un besoin, même de manière imparfaite, il peut être difficile de simplement la supprimer.
Il devient alors intéressant de chercher une autre manière de répondre au même besoin, mais avec moins de conséquences négatives à long terme.
C'est aussi pour cette raison que le changement peut demander du temps. Il ne s'agit pas seulement de supprimer une habitude, mais parfois d'apprendre progressivement à faire face autrement à ce que cette habitude permettait jusque-là de gérer.
Comment commencer à sortir d'un schéma qui se répète ?
Comprendre pourquoi nous reproduisons certains comportements est une première étape. Mais comprendre ne suffit pas toujours à changer.
Pour commencer à sortir d'un schéma, il peut être utile de ne pas chercher immédiatement à modifier tout son comportement. On peut d'abord apprendre à repérer le moment où le fonctionnement habituel se met en place.
Par exemple :
- À quel moment ai-je commencé à me dire que ce n'était pas si grave ?
- Quelle pensée m'a traversé l'esprit juste avant que je fasse ce que je fais habituellement ?
- Qu'est-ce que je ressentais à ce moment-là ?
- Qu'est-ce que mon comportement m'a permis d'éviter ou d'obtenir immédiatement ?
Ces questions permettent de reconstruire progressivement la séquence : situation → pensées → émotions → comportement → conséquence immédiate → conséquence à plus long terme.
Une fois cette séquence mieux comprise, il devient possible de chercher un endroit où intervenir différemment.
Il n'est pas forcément nécessaire de prendre une décision radicalement différente dès le départ :
- Une personne qui a tendance à accepter systématiquement les demandes des autres peut, par exemple, commencer par ne plus répondre immédiatement et prendre quelques minutes pour se demander : Est-ce que j'ai réellement envie de dire oui ?
- Une personne qui évite les situations anxiogènes peut commencer par rester quelques minutes de plus dans une situation inconfortable, plutôt que de chercher immédiatement à y échapper.
- Une personne qui rumine peut apprendre à reconnaître le moment où elle entre dans une nouvelle boucle de réflexion et expérimenter une autre réponse.
L'objectif n'est pas de réussir parfaitement. C'est d'introduire progressivement de nouvelles expériences. Car si nous avons appris à réagir d'une certaine manière au fil de nombreuses expériences, nous pouvons également apprendre autre chose en expérimentant progressivement de nouvelles réponses.
Et surtout, il est important de ne pas mesurer ses progrès uniquement à partir du résultat final. Vous pouvez encore vous retrouver dans une situation similaire et pourtant avoir progressé.
Vous avez peut-être identifié le problème plus rapidement. Vous avez peut-être posé une limite que vous n'auriez pas posée auparavant. Vous avez peut-être demandé de l'aide plus tôt. Vous êtes peut-être resté(e) deux mois dans une situation qui vous faisait souffrir alors que vous y seriez resté(e) six mois auparavant.
Le changement peut donc se trouver dans le processus, bien avant d'être visible dans le résultat.
Il est également possible de comprendre parfaitement son fonctionnement et, malgré cela, de recommencer parfois. Cela ne signifie pas nécessairement que rien n'a changé. Lorsque nous sommes confrontés à une émotion forte, à une situation stressante ou à une peur importante, nos anciennes habitudes peuvent redevenir plus accessibles et reprendre rapidement le dessus.
Dans ce cas, plutôt que de conclure : je n'ai rien appris, il peut être plus intéressant de regarder ce qui s'est passé cette fois-ci : qu'est-ce que j'ai remarqué plus tôt ? Qu'est-ce que j'ai fait différemment ? Combien de temps suis-je resté(e) dans ce fonctionnement ? Qu'est-ce qui m'a permis d'en sortir ?
Une répétition n'est donc pas toujours une absence de progrès. Parfois, le véritable changement se trouve dans un détail : une réaction un peu différente, une prise de conscience plus rapide, une limite posée plus tôt ou une capacité nouvelle à demander de l'aide : Quelle serait une petite réponse différente de celle que j'ai habituellement ?
Pas nécessairement la réponse parfaite, ni celle que vous pensez devoir avoir. Simplement une réponse un peu différente, qui vous rapproche davantage de la manière dont vous souhaitez vivre ou agir.
C'est souvent ainsi que le changement commence : non pas en devenant soudainement une autre personne, mais en créant progressivement de nouvelles façons de répondre à ce qui se présente.
Pourquoi certains schémas reviennent-ils davantage lorsque nous sommes fragilisés ?
Nous ne réagissons pas toujours de la même manière selon notre état du moment.
Une personne qui parvient habituellement à prendre du recul peut avoir beaucoup plus de difficultés lorsqu'elle est épuisée, stressée, malade, confrontée à un changement important ou émotionnellement fragilisée. Dans ces périodes, certaines réactions habituelles peuvent redevenir plus présentes.
On peut avoir davantage besoin d'être rassuré, éviter plus facilement certaines situations, ruminer davantage, accepter des choses que l'on aurait habituellement refusées ou avoir plus de difficultés à prendre une décision.
Cela ne signifie pas que nous avons régressé(e). Notre manière de fonctionner dépend aussi des ressources dont nous disposons au moment où nous devons faire face à une situation.
Lorsque nous sommes reposés et que nous nous sentons en sécurité, il peut être plus facile de prendre du recul, d'envisager plusieurs possibilités et de choisir une réponse différente.
À l'inverse, lorsque nous sommes très stressés ou épuisés, notre capacité à prendre ce recul peut être plus difficile à mobiliser. Nous pouvons alors revenir plus facilement vers des réactions que nous connaissons déjà.
C'est notamment pour cette raison qu'un même schéma peut apparaître à plusieurs moments de notre vie, mais avec une intensité différente.
Vous pouvez par exemple avoir appris à poser davantage vos limites au fil des années et pourtant vous retrouver, pendant une période particulièrement difficile, à nouveau dans le réflexe de dire oui à tout.
Cela ne signifie pas que tout ce que vous avez appris a disparu. Il peut simplement être plus difficile, dans cette période précise, d'utiliser les ressources que vous avez développées.
Cette observation peut aussi changer la manière dont nous regardons nos "rechutes".
Plutôt que de penser : Je pensais avoir réglé ce problème.
on peut se demander :
- Qu'est-ce qui est différent dans ma situation aujourd'hui ?
- De quelles ressources est-ce que je dispose actuellement ?
- Est-ce que je dors suffisamment ? Est-ce que je suis particulièrement stressé(e) ?
- Est-ce que quelque chose dans ma vie actuelle réactive ce fonctionnement ?
Ces questions ne servent pas à trouver des excuses à nos comportements. Elles permettent simplement de les replacer dans leur contexte. Car comprendre un comportement, c'est aussi comprendre dans quelles conditions il devient plus probable.
Et cette information peut être précieuse : si certaines situations, certains états émotionnels ou certaines périodes de vie rendent un ancien fonctionnement plus susceptible de réapparaître, nous pouvons aussi apprendre à repérer ces moments plus tôt et à mobiliser différemment nos ressources.
Il ne s'agit donc pas seulement d'apprendre à réagir autrement lorsque tout va bien. Il s'agit progressivement d'apprendre à reconnaître les moments où nous sommes plus vulnérables à nos anciens automatismes, afin de pouvoir nous ajuster avant qu'ils ne reprennent complètement leur place.
Quand est-il difficile de changer seul ?
Comprendre son fonctionnement peut déjà permettre de prendre du recul. Mais il arrive que l'on ait beau savoir ce qui se passe, le changement reste difficile à mettre en place seul.
Certaines situations sont particulièrement complexes parce qu'elles impliquent des émotions fortes, des habitudes installées depuis longtemps ou plusieurs difficultés qui se renforcent mutuellement. On peut alors avoir l'impression de savoir exactement ce qu'il faudrait faire… sans parvenir à le faire dans les moments où cela compte vraiment.
Dans ces situations, être accompagné ne signifie pas que l'on est incapable de changer seul. Cela peut simplement permettre de bénéficier d'un regard extérieur pour mieux comprendre ce qui maintient le fonctionnement et expérimenter progressivement d'autres façons de réagir.
Ce travail peut notamment consister à observer concrètement les situations qui posent problème, identifier les pensées et les comportements qui entretiennent les difficultés, puis mettre en place des expérimentations adaptées à la personne.
L'objectif n'est pas de supprimer toutes les pensées difficiles ou de ne plus jamais reproduire un ancien comportement.
Il s'agit plutôt de développer progressivement davantage de choix dans sa manière de réagir. Car finalement, sortir d'un schéma ne signifie pas devenir quelqu'un qui ne doute plus, qui ne se trompe plus ou qui ne rencontre plus de difficultés.
C'est pouvoir, petit à petit, ne plus être obligé de réagir de la même manière à chaque fois.
Répéter les mêmes erreurs ne signifie pas forcément ne pas avoir appris
Nous avons parfois tendance à regarder notre parcours uniquement à travers ce qui se répète : Je suis encore dans la même situation. Je recommence toujours. Etc.
Mais notre évolution ne se mesure pas uniquement au fait de ne plus jamais rencontrer les mêmes difficultés. Elle peut aussi se voir dans la manière dont nous y faisons face.
Reconnaître plus rapidement une situation qui ne nous convient pas, comprendre ce qui se joue, poser une limite plus tôt, demander de l'aide, rester moins longtemps dans un fonctionnement qui nous fait souffrir ou réussir à faire un choix différent sont autant de signes de changement.
Il est donc possible de rencontrer une situation qui ressemble à une expérience passée sans être exactement la même personne face à cette situation.
Et parfois, le véritable progrès n'est pas de ne plus jamais faire d'erreur. C'est de mieux comprendre son fonctionnement, de pouvoir prendre du recul et de disposer progressivement de davantage de choix dans sa manière d'agir.
Et si vous avez l'impression de reproduire toujours les mêmes schémas ?
Si vous avez le sentiment de comprendre certaines de vos difficultés sans parvenir à modifier ce qui se répète, un accompagnement peut permettre d'aller plus loin.
Dans mes accompagnements en thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en ligne, nous pouvons notamment chercher à comprendre les mécanismes qui entretiennent vos difficultés, observer ce qui se passe concrètement dans les situations qui vous posent problème et expérimenter progressivement d'autres façons d'y répondre.
L'objectif n'est pas de vous apprendre à ne plus jamais vous tromper. Il s'agit plutôt de vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez et à retrouver progressivement une plus grande liberté d'agir.
Si vous souhaitez être accompagné(e) dans cette démarche, vous pouvez consulter les informations concernant mes accompagnements et prendre rendez-vous en ligne.
→ En savoir plus sur mon approche et mes accompagnements
Parcourir mes autres articles -> bibliothèque de ressources , dont :
- Comment savoir quand consulter un(e) thérapeute, un(e) psychothérapeute ou un(e) psychologue ?
- Pourquoi je confonds ce que je fais avec ce que je suis ?
- Pourquoi ai-je l'impression de passer à côté de ma vie ?
- Quand consulter pour une perte de sens ou un sentiment de vide intérieur ?
- Pourquoi mon cerveau ne s'arrête jamais ?
- Pourquoi je rumine la nuit alors que je suis épuisée ?
Vous souhaitez me contacter ? Vous pouvez m'écrire via ce formulaire :