Pourquoi est-il si difficile de sortir de sa zone de confort ?


Quand l'envie d'avancer se heurte au besoin de rester en sécurité.



⏱️ Temps de lecture : 30 min - Publié le 2.11.26



Dans cet article, nous allons voir :

  • Pourquoi nous pouvons avoir envie de changer sans parvenir à passer à l'action.

  • Pourquoi les situations familières peuvent nous rassurer, même lorsqu'elles ne nous rendent plus heureuses.

  • Comment la peur de l'inconnu et l'anticipation des conséquences peuvent freiner nos décisions.

  • Pourquoi une partie de nous peut souhaiter évoluer tandis qu'une autre cherche à préserver l'équilibre existant.

  • Comment certaines habitudes d'évitement entretiennent notre difficulté à changer.

  • Pourquoi nous pouvons douter de notre capacité à faire face aux changements et à leurs conséquences.

  • Comment commencer à faire évoluer les choses progressivement, sans nécessairement tout bouleverser, en tenant compte de nos peurs et de nos besoins.



Vous avez peut-être déjà ressenti cette envie de changer quelque chose dans votre vie, sans parvenir à franchir le pas.

Vous pensez depuis quelque temps à changer de travail, à vous lancer dans un nouveau projet, à modifier certaines habitudes, à prendre une décision personnelle ou à sortir d'une situation qui ne vous convient plus vraiment.

Vous aimeriez que les choses évoluent. Et pourtant, lorsque vient le moment d'agir, quelque chose vous retient.

Vous trouvez des raisons d'attendre, vous remettez votre décision à plus tard, vous réfléchissez encore aux différentes possibilités. Vous vous dites que ce n'est peut-être pas le bon moment, que vous devriez encore y penser ou que vous prendrez cette décision lorsque vous serez plus sûre de vous.

Parfois, vous finissez même par vous demander pourquoi vous n'arrivez pas à faire ce que vous avez pourtant envie de faire. Ce décalage peut être difficile à comprendre. Comment peut-on vouloir sincèrement changer une situation et continuer malgré tout à faire ce qui ne nous convient plus ?

On pourrait penser qu'il suffit d'avoir suffisamment de motivation, de volonté ou de courage pour avancer. Mais dans la réalité, le changement ne dépend pas uniquement de ce que nous souhaitons.

Une situation peut ne plus nous satisfaire tout en restant familière. Nous pouvons avoir envie d'autre chose et, simultanément, craindre de perdre certains repères. Nous pouvons aspirer à davantage de liberté tout en redoutant les responsabilités, les incertitudes ou les conséquences qui pourraient accompagner nos décisions.

Nous pouvons alors avoir l'impression de tourner en rond, de savoir ce que nous aimerions faire sans réussir à nous y engager.

Mais si cette difficulté à sortir de votre zone de confort n'était pas simplement un manque de volonté ?

Il est intéressant de comprendre ce qui se joue dans ces moments-là. Car derrière une hésitation, un report ou une difficulté à passer à l'action peuvent se trouver plusieurs mécanismes qui influencent notre manière de percevoir les situations, d'anticiper les conséquences et de prendre nos décisions.

Comprendre ces mécanismes permet de changer de regard sur ses propres réactions. Non pas pour se forcer à avancer à tout prix, mais pour identifier ce qui nous freine réellement et retrouver progressivement la possibilité de faire des choix qui nous correspondent davantage.

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, changer ne signifie pas nécessairement tout remettre en question : parfois, une autre façon de voir une situation ou une action différente suffit à amorcer une évolution.



Pourquoi le familier peut-il nous rassurer, même lorsqu'il ne nous convient plus ?


On imagine souvent que si une situation ne nous rend plus heureuse, nous devrions naturellement chercher à en sortir. Pourtant, dans la réalité, ce n'est pas toujours aussi simple.

Nous pouvons rester dans un travail qui ne nous épanouit plus, poursuivre une relation dans laquelle nous ne nous retrouvons plus vraiment, conserver des habitudes qui nous limitent ou continuer à fonctionner d'une manière dont nous connaissons pourtant les conséquences.

Cela peut sembler paradoxal. Mais une situation familière possède une caractéristique importante : nous savons à quoi nous attendre.

Même lorsqu'elle est inconfortable, nous en connaissons les règles, les contraintes, les difficultés et les réactions qu'elle suscite chez nous. Nous avons appris à nous y adapter. Nous savons généralement comment faire face à ce qui se présente, parce que nous avons déjà rencontré des situations similaires.

À l'inverse, changer implique de quitter une organisation connue pour aller vers quelque chose dont nous ne maîtrisons pas encore les contours. Et cette différence compte beaucoup dans notre manière d'évaluer une situation.


Le cerveau s'appuie sur ce qu'il connaît


Notre cerveau fonctionne en permanence en essayant d'anticiper ce qui va se passer. Pour cela, il s'appuie notamment sur nos expériences passées, les informations déjà mémorisées et les régularités que nous avons apprises.

Lorsqu'une situation est connue, nous disposons donc déjà de nombreux repères pour l'interpréter et y répondre. Cette familiarité peut réduire l'incertitude et le travail nécessaire pour traiter une situation. Nous n'avons pas besoin de tout réévaluer à chaque instant : certains comportements deviennent habituels, certaines décisions presque automatiques.

À l'inverse, une situation nouvelle demande davantage d'attention. Il faut observer, comprendre, envisager différentes possibilités, prendre des décisions sans toujours savoir si elles seront les bonnes. Cela peut mobiliser davantage de ressources mentales et nous donner l'impression de moins maîtriser la situation. C'est notamment pour cela qu'un changement peut être éprouvant avant même d'avoir commencé.

Prenons un exemple concret : vous envisagez de changer de travail parce que votre poste ne vous correspond plus. Vous connaissez ses contraintes, les personnes avec lesquelles vous travaillez, vos missions et votre rythme. Vous pouvez même savoir précisément ce qui vous pèse. Mais vous ne savez pas encore à quoi ressemblerait votre quotidien ailleurs. Vous ne connaissez pas votre futur environnement, les attentes d'un nouvel employeur, votre capacité à vous adapter ou la manière dont vous vous sentiriez dans ce nouveau poste.

Votre situation actuelle n'est pas forcément satisfaisante, mais elle est prévisible. La nouvelle possibilité, elle, comporte encore beaucoup d'inconnues. Nous pouvons ainsi préférer, au moins temporairement, une situation que nous connaissons à une possibilité qui pourrait pourtant mieux nous convenir.


La familiarité n'est pas toujours synonyme de bien-être


Il est important de distinguer deux choses : se sentir bien dans une situation et savoir comment y fonctionner.

On peut être habituée à devoir tout gérer seule, à ne pas exprimer ses besoins, à éviter les désaccords ou à faire passer les attentes des autres avant les siennes. Ces façons de fonctionner peuvent être coûteuses émotionnellement, mais elles sont parfois tellement ancrées dans notre quotidien qu'elles finissent par nous sembler normales.

Les remettre en question suppose alors davantage qu'une simple décision. Cela demande de faire autrement, de rencontrer des réactions que l'on ne connaît pas encore et parfois de renoncer à certains repères.

Par exemple, une femme qui a toujours eu l'habitude de dire oui pour éviter de décevoir peut avoir sincèrement envie d'apprendre à poser ses limites. Pourtant, au moment de refuser une demande, elle peut ressentir une forte culpabilité, craindre de blesser l'autre ou redouter un conflit.

Ce malaise ne signifie pas nécessairement que sa décision est mauvaise. Il peut aussi être lié au fait qu'elle s'éloigne d'une manière de fonctionner qu'elle connaît depuis longtemps.

C'est une nuance essentielle : le fait qu'un comportement soit familier ne signifie pas qu'il soit bénéfique pour nous. Et le fait qu'un changement soit inconfortable ne signifie pas qu'il soit mauvais.


Rester dans ce que l'on connaît peut aussi être une manière de se protéger


Il arrive que nous maintenions certaines habitudes ou certaines situations non pas parce qu'elles nous conviennent, mais parce qu'elles nous évitent de nous confronter à des difficultés que nous ne savons pas encore comment gérer.

Ce fonctionnement peut avoir été utile à un moment de notre vie. Une manière de nous adapter, de préserver une relation, de maintenir une stabilité ou de faire face à un environnement dans lequel nous avions peu de marge de manœuvre.

Mais ce qui nous a aidées à un moment donné peut finir par nous limiter lorsque nos besoins, nos envies ou notre situation évoluent.

Il ne s'agit pas de considérer que toute habitude doit être remise en question, ni que le changement est systématiquement préférable au maintien d'une situation. Il s'agit plutôt de pouvoir se demander :

  • Est-ce que je choisis de rester parce que cette situation me convient encore ?

  • Ou est-ce que je reste surtout parce que je sais comment y fonctionner ?

  • Qu'est-ce que cette situation m'apporte aujourd'hui ?

  • Qu'est-ce que je crains de perdre si je change ?

Ces questions permettent de mieux comprendre ce qui motive notre choix : est-ce réellement ce que nous souhaitons aujourd'hui, ou est-ce surtout une manière de préserver les repères que nous connaissons ?

Car sortir de sa zone de confort ne consiste pas nécessairement à quitter ce qui est familier. Cela peut aussi commencer par le fait de prendre conscience de ce qui nous pousse à y rester.

Et cette prise de conscience est importante, car le familier n'est pas le seul élément qui peut nous retenir. L'idée même de ne pas savoir ce qui nous attend peut également déclencher des inquiétudes, parfois bien avant que nous ayons entrepris le moindre changement.



L'incertitude et la peur de l'inconnu peuvent nous freiner


Ne pas savoir ce qui nous attend peut être plus difficile que la situation actuelle


Changer implique toujours une part d'incertitude. Même lorsque nous avons identifié ce que nous aimerions faire évoluer, nous ne pouvons pas connaître à l'avance toutes les conséquences de notre décision. Et c'est précisément là que les difficultés peuvent apparaître.

Lorsque nous envisageons un changement, notre esprit cherche naturellement à anticiper ce qui pourrait se passer. Nous imaginons différentes possibilités, essayons d'évaluer les risques, cherchons à savoir si nous faisons le bon choix et si nous serons capables de faire face à ce qui pourrait arriver.

Cette anticipation peut être utile, car elle nous permet de réfléchir, de préparer certaines étapes et d'éviter des décisions précipitées. Mais elle peut aussi prendre beaucoup de place lorsque nous cherchons à obtenir des garanties que la situation ne peut pas nous apporter.

Nous pouvons alors commencer à envisager tout ce qui pourrait mal se passer : regretter notre décision, échouer, décevoir quelqu'un, perdre notre stabilité, ne pas être à la hauteur ou nous retrouver dans une situation encore plus difficile.

À force d'imaginer ces possibilités, le changement peut progressivement prendre une dimension menaçante, alors même que rien ne s'est encore produit. Nous ne réagissons alors plus seulement à la situation que nous vivons, mais aussi à toutes celles que nous imaginons.


Lorsque nous cherchons à être sûres de notre décision avant d'agir


Nous aimerions savoir que notre choix est le bon, que nous ne regretterons pas notre décision et que les choses se dérouleront comme nous l'espérons. Le problème, c'est que certaines décisions ne permettent pas d'obtenir ce niveau de certitude.

Nous pouvons réfléchir pendant des semaines à un changement professionnel sans savoir si le nouvel environnement nous conviendra réellement. Nous pouvons nous demander si une relation pourrait évoluer sans pouvoir prévoir les réactions de l'autre. Nous pouvons hésiter à nous lancer dans un projet parce que nous ne savons pas encore si nous en serons capables.

Et plus nous cherchons à obtenir des garanties, plus nous risquons de multiplier les questions auxquelles nous ne pouvons pas encore répondre.

Cette recherche de certitude peut alors donner l'impression que nous avançons dans notre réflexion, alors que nous restons parfois au même point.

Il ne s'agit pas de dire qu'il faut agir sans réfléchir. Prendre le temps d'évaluer les conséquences, de recueillir des informations et de préparer un changement est important. Mais il existe une différence entre réfléchir pour prendre une décision et réfléchir dans l'espoir de faire disparaître toute incertitude.

Nous pouvons parfois attendre de nous sentir prêtes à 100 % alors que cette certitude ne viendra peut-être jamais. La confiance en soi ne précède pas toujours l'action. Elle se construit à travers nos expériences. C'est en essayant, en faisant, en expérimentant progressivement de nouvelles façons d'agir que nous découvrons nos capacités et apprenons à nous faire davantage confiance.


L'inconfort de l'incertitude peut être confondu avec un signal de danger


Une autre difficulté apparaît lorsque nous interprétons les émotions désagréables qui accompagnent le changement comme une indication que nous ne devrions pas avancer.

La peur, le doute, la tension ou l'appréhension peuvent alors être compris comme des signes que nous faisons fausse route. Pourtant, ressentir de l'inconfort ne signifie pas nécessairement qu'une décision est mauvaise. Cela peut simplement traduire le fait que nous nous trouvons face à une situation nouvelle, dont nous ne connaissons pas encore les repères.

Prenons l'exemple d'une femme qui souhaite reprendre une formation après plusieurs années consacrées à sa vie familiale et professionnelle. Elle est motivée par cette perspective, mais lorsqu'elle commence à se renseigner, elle ressent une forte inquiétude. Elle se demande si elle sera capable de reprendre les études, si elle arrivera à concilier cette formation avec son quotidien et si elle ne risque pas de regretter cet investissement.

Elle pourrait interpréter cette anxiété comme la preuve qu'elle n'est finalement pas faite pour ce projet. Pourtant, cette émotion ne lui indique pas nécessairement qu'elle doit renoncer. Elle lui signale aussi que ce projet représente un enjeu important et qu'il comporte des éléments qu'elle ne maîtrise pas encore.

Apprendre à distinguer les risques concrets liés à son projet des inquiétudes suscitées par ce qu'elle ne connaît pas encore peut l'aider à envisager sa décision autrement.

Il ne s'agit pas de faire taire ses émotions (c'est peine perdue… et ce serait bien dommage !), mais de ne pas leur confier systématiquement le pouvoir de décider à notre place. Voyez-les comme des messages à écouter, à observer et à comprendre. Elles peuvent nous renseigner sur ce que nous vivons, sur nos besoins, nos limites ou ce qui compte pour nous. Je le répète souvent à mes clientes : une émotion négative, ça n'existe pas !

On peut avoir peur et avancer. On peut aussi avoir peur et choisir de ne pas avancer. L'essentiel est de comprendre ce qui motive réellement notre décision.



Vouloir changer, tout en ayant une partie de soi qui préfère rester où elle est


Il arrive que nous ressentions deux élans contradictoires face à une même situation, sans toujours comprendre ce qui se joue en nous. D'un côté, nous avons envie que les choses évoluent. Nous aspirons à davantage de liberté, de sérénité, d'épanouissement ou simplement à un quotidien qui nous ressemble davantage. De l'autre, nous pouvons ressentir une forme de résistance. Nous hésitons, nous doutons, nous trouvons des raisons de ne pas agir ou nous nous accrochons à certains aspects de notre situation actuelle.

Nous pouvons avoir l'impression de ne pas savoir ce que nous voulons, de manquer de cohérence ou de nous mettre nous-mêmes des bâtons dans les roues. Pourtant, ces deux mouvements ne sont pas nécessairement incompatibles. Nous pouvons sincèrement vouloir une évolution tout en ayant des raisons de ne pas souhaiter perdre ce que notre situation actuelle nous apporte.

Prenons l'exemple d'une femme qui aimerait apprendre à dire non plus souvent. Elle a conscience qu'elle accepte régulièrement des demandes qui ne lui conviennent pas, qu'elle manque de temps pour elle et qu'elle finit parfois par ressentir de la frustration. Elle aimerait réussir à exprimer davantage ses besoins et à ne plus se sentir obligée de répondre systématiquement aux attentes des autres.

Mais dire non n'est pas si simple. Elle apprécie profondément les personnes qui l'entourent, aime se rendre disponible et trouve aussi une forme de satisfaction dans le fait de pouvoir aider. Elle craint de décevoir, de créer des tensions ou de donner l'impression de devenir égoïste.

Son envie de poser davantage ses limites est réelle. Mais son attachement aux relations, son besoin de reconnaissance et sa peur de décevoir le sont tout autant.

Il ne s'agit donc pas nécessairement d'un manque d'affirmation de soi ou d'une incapacité à changer. Plusieurs besoins peuvent simplement entrer en tension : celui de préserver son espace personnel, mais aussi celui de maintenir des relations harmonieuses et de se sentir appréciée.


Reconnaître ce que l'on souhaite… mais aussi ce que l'on cherche à préserver


Nous avons parfois tendance à nous focaliser uniquement sur ce que nous voulons changer, sans prendre suffisamment le temps d'identifier ce que nous souhaitons conserver. Pourtant, cette deuxième dimension est essentielle.

Derrière une hésitation peuvent se trouver des besoins, des valeurs ou des attachements qui méritent eux aussi d'être entendus.

Une personne qui hésite à mettre fin à une relation peut, par exemple, souhaiter retrouver davantage de liberté tout en étant profondément attachée à son partenaire, à leur histoire ou à leur vie commune. Une femme qui aimerait prendre davantage de temps pour elle peut aussi craindre de décevoir son entourage ou de ne plus être suffisamment présente pour ses proches.

Comprendre son ambivalence, ce n'est pas chercher quelle partie de soi a raison. C'est prendre le temps de comprendre ce que chacune essaie de préserver ou de rendre possible.

Cela permet de sortir d'une opposition entre " je dois changer " et " je n'y arrive pas ", pour explorer plus précisément ce qui compte réellement pour soi. Et parfois, cette compréhension fait déjà évoluer la manière d'envisager une décision.



Comment sortir de ce conflit intérieur ?


Il est utile de prendre le temps d'identifier ce qui se joue réellement.

  • Qu'est-ce que je souhaite voir évoluer ?
  • Qu'est-ce que j'ai peur de perdre ? De quoi ai-je besoin aujourd'hui ? 
  • Qu'est-ce qui est important pour moi dans cette situation ?

Ces questions permettent de mieux comprendre les différentes motivations qui influencent nos choix, plutôt que de considérer notre hésitation comme un problème à éliminer. Elles peuvent aussi faire émerger des possibilités auxquelles nous n'avions pas pensé.

Par exemple, cette femme qui souhaite apprendre à dire non peut découvrir qu'elle n'a pas besoin de devenir moins disponible ou moins attentionnée. Elle peut simplement apprendre à tenir compte de ses propres limites, à choisir les moments où elle souhaite aider et à exprimer ses besoins sans systématiquement culpabiliser.

L'objectif n'est donc pas de renoncer à une partie de soi pour avancer, mais de trouver une manière plus juste de prendre en compte ses différents besoins.

Et lorsque cette ambivalence reste difficile à dépasser, un autre mécanisme peut entrer en jeu : celui de l'évitement. Car repousser une action ou une décision peut procurer un soulagement immédiat, même si cela entretient la difficulté à plus long terme.



Pourquoi repousser le changement peut-il entretenir nos difficultés ?


Face à une situation qui nous inquiète, nous avons naturellement tendance à chercher à réduire notre inconfort. Cela peut passer par différentes stratégies : remettre une décision à plus tard, éviter une conversation, ne pas entreprendre une démarche, trouver une autre occupation ou attendre de nous sentir plus confiantes.

En évitant ce qui nous fait peur, nous ressentons moins de tension, moins d'appréhension ou moins de risque de nous confronter à une situation inconfortable. Le problème, c'est que ce soulagement peut renforcer notre tendance à éviter.

Dans ce cas, on parle de renforcement négatif. Un comportement a davantage de chances de se reproduire lorsqu'il permet de faire disparaître, même temporairement, une sensation désagréable.

Prenons un exemple simple. Vous avez envie d'avoir une conversation importante avec un proche, car une situation vous pèse depuis quelque temps. Mais vous redoutez sa réaction, un éventuel désaccord ou le fait de ne pas réussir à exprimer ce que vous ressentez. Vous décidez finalement d'attendre un peu. Sur le moment, vous êtes soulagée, vous n'avez pas à affronter cette conversation aujourd'hui. Mais la prochaine fois que vous y pensez, l'appréhension est toujours présente. Et vous risquez de repousser encore.

Progressivement, votre esprit peut associer cette conversation à une situation particulièrement difficile à affronter, tandis que le fait de l'éviter devient une réponse de plus en plus automatique.

C'est ainsi que l'évitement peut entretenir une peur, même lorsque la situation redoutée n'a jamais réellement été expérimentée.


Réapprendre progressivement à faire face


Pour sortir de ce fonctionnement, il peut être plus aidant de commencer par des expériences accessibles, adaptées à notre situation et à nos ressources du moment.

Dans notre exemple, cela pourrait être de prendre le temps de clarifier ce que l'on souhaite exprimer, de préparer quelques mots, puis de choisir un moment pour engager la discussion. L'enjeu n'est pas de réussir parfaitement, ni de ne plus ressentir d'appréhension. Il est de découvrir progressivement que nous pouvons traverser un certain inconfort sans nécessairement devoir l'éviter.

Ces expériences peuvent aussi nous permettre de constater que les choses ne se déroulent pas toujours comme nous l'avions imaginé, et que nous disposons parfois de davantage de ressources que nous ne le pensions. 

C'est en expérimentant de nouvelles réponses que nous pouvons progressivement élargir notre champ des possibles.



Et si vous aviez surtout peur de ne pas être capable de faire face ?


Lorsque nous envisageons un changement, nous pensons souvent aux conséquences possibles, mais derrière ces inquiétudes se cache parfois une autre question, plus personnelle : Et si je n'étais pas capable de gérer ce qui m'attend ?

Cette peur peut être particulièrement présente lorsque nous doutons de nos capacités ou que nous avons déjà vécu des expériences qui ont fragilisé notre confiance. Nous pouvons alors surestimer les difficultés à venir et sous-estimer nos propres ressources.

Pourtant, nous ne pouvons pas toujours savoir à l'avance comment nous réagirons face à une situation que nous n'avons jamais rencontrée. Nos capacités se construisent aussi avec l'expérience, les ajustements, les erreurs et les apprentissages. C'est pourquoi il peut être intéressant de déplacer légèrement notre questionnement.

Au lieu de chercher à savoir si nous sommes certaines de réussir, nous pouvons nous demander :

  • De quelles ressources est-ce que je dispose déjà ?

  • Qu'est-ce qui pourrait m'aider si je rencontrais une difficulté ?

  • Sur qui pourrais-je m'appuyer ?

  • Qu'ai-je déjà réussi à traverser, même lorsque je doutais de moi ?

Il s'agit de ne pas envisager uniquement ce qui pourrait nous mettre en difficulté, mais aussi notre capacité à nous adapter et à trouver des solutions.

La confiance en soi, ce n'est pas être certaine de réussir. C'est aussi apprendre à se faire confiance dans sa capacité à réagir, à s'ajuster et à avancer, même lorsque tout ne se déroule pas comme prévu.



Changer ne signifie pas forcément tout bouleverser


Lorsque l'on parle de sortir de sa zone de confort, on imagine souvent des changements importants : quitter son emploi, déménager, mettre fin à une relation, se lancer dans un nouveau projet ou prendre une décision qui transforme profondément notre quotidien.

Pourtant, le changement n'a pas toujours besoin d'être spectaculaire pour être significatif. Parfois, il commence simplement par une autre façon de regarder une situation, de comprendre ce que l'on ressent ou d'interpréter ce qui nous arrive. Il peut aussi prendre la forme d'une conversation que l'on repoussait, d'une demande que l'on ose enfin formuler, d'une limite que l'on pose ou d'une action différente dans une situation habituelle.

Prenons l'exemple d'une femme qui n'ose pas exprimer son désaccord avec un proche. Elle préfère souvent se taire, laisser passer certaines remarques ou accepter des situations qui ne lui conviennent pas vraiment, par peur de créer des tensions. En prenant du recul, elle peut progressivement comprendre qu'exprimer son point de vue ne signifie pas nécessairement rejeter l'autre ou remettre en cause leur relation. Elle peut alors essayer de dire ce qu'elle pense, même si son avis est différent, et apprendre à ne plus systématiquement s'effacer pour préserver le lien. Sa situation n'a pas radicalement changé. Pourtant, sa manière de se positionner dans cette relation commence à évoluer.

Parfois, ce n'est pas toute notre vie qui a besoin de changer, mais la manière dont nous choisissons de l'habiter.

C'est aussi cela, sortir de sa zone de confort : s'autoriser à envisager d'autres possibilités, même modestes, et expérimenter progressivement de nouvelles façons de penser, de ressentir ou d'agir.

Il ne s'agit pas de se mettre constamment au défi, ni de chercher à changer pour changer. Il s'agit de retrouver une marge de liberté là où nos habitudes, nos peurs ou nos automatismes semblaient jusque-là décider à notre place.



En accompagnement : s'autoriser à faire évoluer sa vie sans renoncer à ses choix de maman


J'ai accompagné une maman de deux enfants qui avait choisi de pratiquer l'école à la maison. Elle aimait être présente auprès de ses enfants, participer à leurs apprentissages et construire un quotidien familial qui avait du sens pour elle.

Mais une autre envie prenait progressivement de la place, celle de reprendre une activité professionnelle ou de développer un projet personnel, et surtout de retrouver un espace à elle, dans lequel elle pourrait aussi s'épanouir en tant que femme.

Pourtant, malgré cette envie, elle avait du mal à se lancer. Elle se demandait comment trouver du temps, quelle activité pourrait s'intégrer à son quotidien et si elle réussirait à tout concilier. Elle pouvait aussi se demander si c'était vraiment le bon moment, si son projet était suffisamment important pour prendre cette place ou si elle ne risquait pas de déséquilibrer une organisation familiale qu'elle avait pourtant choisie.

C'est une situation dans laquelle beaucoup de mamans peuvent se reconnaître. On peut aimer profondément sa vie de famille et ressentir malgré tout le besoin de retrouver une activité, des projets ou des espaces qui nous appartiennent. 

Nous ne sommes pas obligées de choisir entre notre maternité et nos aspirations personnelles ou professionnelles. Ces différentes dimensions de notre vie peuvent coexister et trouver leur place, sans que l'une doive nécessairement se faire au détriment des autres.

Avoir envie d'autre chose ne signifie pas être moins investie dans sa maternité. Et vouloir préserver son équilibre familial ne signifie pas devoir renoncer à ses propres envies.

Dans ce type de situation, il peut être précieux de prendre du recul sur ce qui nous retient réellement. 

Est-ce le manque de temps, les contraintes du quotidien, la peur de ne pas y arriver ? Est-ce aussi certaines exigences que l'on s'impose, la culpabilité de prendre une place pour soi ou la difficulté à envisager une autre façon de vivre son rôle de mère ?

C'est notamment ce que je propose d'explorer en accompagnement : comprendre les mécanismes qui influencent nos choix, faire la distinction entre ce que l'on souhaite et ce que l'on pense devoir faire, et retrouver des repères qui nous sont propres.

Pour cette maman, l'enjeu était de pouvoir envisager ses aspirations autrement, sans les opposer à sa vie de famille. Elle a progressivement pu clarifier ce qu'elle souhaitait, prendre en compte ses besoins et ses contraintes, et envisager des possibilités plus adaptées à sa réalité.

Il ne s'agissait pas de devenir une autre maman, ni de bouleverser toute son organisation, mais de s'autoriser à retrouver une place pour elle dans la vie qu'elle avait construite.

C'est parfois en cessant de chercher à choisir entre deux aspects importants de sa vie que de nouvelles possibilités apparaissent : celles qui permettent de leur faire une place à tous les deux.




Comment commencer à sortir de sa zone de confort, à son rythme ?


Sortir de sa zone de confort ne demande pas de tout changer du jour au lendemain. Il ne s'agit pas non plus de se forcer à affronter toutes ses peurs ou de multiplier les défis pour prouver que l'on est capable.

Cela peut commencer par un temps de réflexion, une prise de conscience ou une décision que l'on repoussait depuis longtemps.

Pour amorcer un changement, vous pouvez commencer par vous poser quelques questions :

  • Qu'est-ce que j'aimerais voir évoluer dans ma vie ? Essayez de dépasser ce que vous pensez devoir changer pour identifier ce qui compte réellement pour vous.

  • Qu'est-ce qui me retient aujourd'hui ? Une peur, une habitude, une croyance, le regard des autres, la crainte de décevoir ou de perdre un certain équilibre ?

  • Qu'est-ce que je cherche à préserver ? Certaines résistances ont aussi une fonction. Elles peuvent révéler un besoin de sécurité, de stabilité, de reconnaissance ou d'appartenance.

  • Quelle petite action pourrais-je envisager ? Pas nécessairement une grande décision, mais une première expérience qui vous permettrait d'explorer une autre possibilité.


L'idée n'est pas d'attendre de ne plus avoir peur pour avancer, ni de faire abstraction de vos limites. Il s'agit plutôt d'apprendre à mieux vous connaître, à comprendre vos réactions et à vous donner progressivement la possibilité d'agir autrement.

Vous pouvez avancer par étapes, ajuster vos choix et changer de direction si nécessaire. Une évolution n'est pas un engagement irréversible : vous avez aussi le droit d'expérimenter, de vous tromper et de réévaluer ce qui vous convient.

Vous n'avez pas besoin de savoir exactement où vous allez pour commencer à avancer. Vous avez surtout besoin de comprendre ce qui vous donne envie d'aller ailleurs, et ce qui vous empêche encore de vous l'autoriser.



Conclusion : sortir de sa zone de confort, c'est aussi s'autoriser à évoluer


Sortir de sa zone de confort n'est pas toujours simple. Pourtant, nous n'avons pas besoin d'avoir toutes les réponses, d'être certaines de réussir ou de ne plus ressentir aucune peur pour amorcer une évolution.

Le changement commence parfois par une prise de conscience, une nouvelle façon de regarder une situation ou le fait de s'autoriser à envisager une possibilité que l'on écartait jusque-là.

Vous avez le droit de faire évoluer votre vie. Vous avez le droit de changer d'avis, de vouloir autre chose et de prendre une direction différente de celle que vous aviez imaginée.

Et si vous avez le sentiment de tourner en rond, de vous empêcher d'avancer ou de ne plus savoir ce que vous souhaitez réellement, vous n'avez pas à démêler tout cela seule.

Dans mon accompagnement thérapeutique en ligne, je vous propose un espace pour prendre du recul, comprendre ce qui se joue dans vos difficultés à avancer et identifier ce qui vous freine réellement. Nous explorons ensemble vos pensées, vos émotions, vos besoins et vos aspirations pour vous aider à retrouver vos propres repères et à faire des choix davantage en accord avec vous-même.

Parce qu'au fond, sortir de sa zone de confort, ce n'est pas devenir quelqu'un d'autre. C'est parfois simplement s'autoriser à devenir davantage soi-même.


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