Maman solo : apprendre à construire une vie qui vous ressemble

Faire face au quotidien, tout en se construisant un avenir.



⏱️ Temps de lecture : 20 min - Publié le 3.11.26


Dans cet article, nous allons voir :

  • Pourquoi faire face aux responsabilités du quotidien ne signifie pas nécessairement construire une vie qui vous ressemble.
  • Quelles pensées et croyances peuvent vous empêcher de vous autoriser des projets et des choix personnels.
  • Comment mieux identifier vos besoins, questionner ce qui vous freine et retrouver des possibilités d'action.
  • Trois pistes concrètes pour faire progressivement une place à vos aspirations et à votre avenir.
  • Quand demander de l'aide et vers quels professionnels ou dispositifs vous tourner.


Être maman solo, c'est souvent devoir penser à beaucoup de choses, prendre des décisions, organiser la vie familiale et répondre aux besoins de son enfant (ou vos enfants. Par simplicité, j'utilise le singulier dans l'article). Au fil des jours, les responsabilités peuvent prendre une place considérable. Vous avancez, vous vous adaptez, vous faites ce qu'il faut pour que tout fonctionne.

Mais dans cette vie où tant de choses reposent sur vous, une question peut progressivement émerger : et vous, dans tout ça ?

Qu'en est-il de vos envies, de vos projets, de votre vie personnelle ? Qu'est-ce que vous souhaitez pour vous, au-delà de votre rôle de maman ? Et surtout, quelle vie avez-vous envie de construire ?

Lorsque vous élevez seule votre enfant, il peut être difficile de vous projeter autrement que dans le quotidien. Certains projets sont reportés, certaines envies mises de côté et les choix personnels peuvent sembler compliqués à envisager. Vous finissez parfois par vous adapter à votre situation sans prendre le temps de vous demander si la vie que vous menez correspond réellement à celle que vous souhaitez.

Pourtant, être maman solo ne signifie pas que votre avenir doit se limiter à vos responsabilités parentales. Vous pouvez également avoir envie d'une vie personnelle épanouissante, de nouvelles expériences, de relations, de projets et de changements. Ces aspirations ne sont ni contradictoires ni illégitimes.

Encore faut-il pouvoir identifier ce que vous désirez vraiment, dépasser certaines pensées qui vous freinent et vous autoriser à envisager d'autres possibilités.

Dans cet article, nous allons explorer ce qui peut vous empêcher de vous projeter dans l'avenir, comment retrouver une place pour vos propres aspirations et quelles premières pistes peuvent vous aider à construire une vie plus fidèle à vous-même.

Car il ne s'agit pas de tout changer du jour au lendemain, mais de ne plus laisser votre propre vie indéfiniment en attente.



Faire face, ce n'est pas construire : quand le quotidien prend toute la place


Lorsque vous êtes maman solo, une grande partie de votre attention est mobilisée par les nécessités du quotidien : accompagner votre enfant, organiser les journées, prendre les décisions, gérer les imprévus et faire en sorte que chacun trouve sa place. Vous avancez en fonction de ce qui doit être fait. Les priorités s'enchaînent et vous vous adaptez aux circonstances.

Mais faire face à ce qui se présente n'est pas la même chose que construire la vie que vous souhaitez.


Être dans l'action sans pouvoir se projeter


Lorsque l'essentiel de votre attention est tourné vers les besoins immédiats, il est difficile de prendre du recul pour réfléchir à la suite.

Vous savez ce que vous devez faire demain, la semaine prochaine ou pour les prochaines vacances. En revanche, il est parfois beaucoup moins évident de répondre à des questions plus personnelles :

  • Qu'est-ce que j'aimerais faire évoluer dans ma vie ?

  • Quels projets ai-je envie de réaliser, indépendamment de mes obligations de maman ?

  • Quelle place est-ce que je souhaite accorder à ma vie affective, sociale ou professionnelle ?

  • Qu'est-ce qui me donne envie de me lever le matin, au-delà de ce que j'ai à accomplir ?

  • À quoi ressemblerait une vie dans laquelle je me sentirais davantage en accord avec moi-même ?

Ces questions sont importantes. Elles permettent de ne pas réduire votre existence à une succession de responsabilités et de tâches à accomplir.

Car vous n'êtes pas uniquement une maman qui doit faire fonctionner son quotidien. Vous êtes aussi une personne avec une histoire, des besoins, des valeurs, des envies et des aspirations qui méritent d'exister.

Je vous entends déjà penser que vous n'avez pas le temps, que ce n'est pas possible parce que les journées sont trop courtes, ou encore que le peu de temps libre dont vous disposez est avant tout nécessaire pour vous reposer. Et je l'entends, je le comprends. Lorsque le quotidien demande autant d'énergie, il est naturel d'avoir besoin de souffler et s'occuper uniquement des priorités.

Pourtant, prendre en compte vos différents besoins et trouver progressivement une place pour chacun d'eux n'est pas forcément incompatible. Il ne s'agit pas de tout concilier parfaitement, ni de vous imposer de nouvelles contraintes, mais de pouvoir faire des choix plus conscients, en tenant compte de votre réalité et de ce qui compte réellement pour vous. Avancer un pas à la fois.

C'est justement pour cela qu'apprendre à vous observer avec lucidité, à mieux vous comprendre et à identifier ce que vous souhaitez vraiment est si important. Nous allons voir comment avancer dans cette direction un peu plus loin dans cet article.


Quand vos projets passent après le reste


Vos projets personnels sont parfois mis de côté, repoussés, voire progressivement abandonnés. Vous vous dites que ce sera pour plus tard : lorsque votre enfant sera plus grand, lorsque votre situation sera plus stable, lorsque vous aurez davantage de temps ou lorsque les circonstances seront plus favorables.

Spoiler alert : le moment idéal n'arrivera jamais !

Certaines périodes ne permettent pas d'entreprendre. Votre réalité, vos contraintes et vos ressources doivent être prises en compte. Mais attendre que toutes les conditions soient réunies vous conduit à reporter indéfiniment ce qui compte pour vous.

Et si vous commenciez plutôt par chercher une petite place pour ce projet dans votre vie actuelle ? Pas forcément beaucoup de temps, ni de grands changements. Peut-être simplement une première démarche, une information à prendre, une possibilité à explorer ou quelques heures à consacrer progressivement à ce qui vous tient à cœur.

Vous pouvez commencer avec les possibilités dont vous disposez aujourd'hui, et faire évoluer votre projet au fil du temps. 

Il peut aussi arriver que le report devienne automatique. Vous ne vous demandez même plus si un projet pourrait être adapté à votre situation actuelle, car vous partez directement du principe qu'il n'est pas envisageable. Progressivement, vos envies peuvent perdre leur place dans vos décisions. Vous savez ce qui est nécessaire pour votre famille, mais vous avez parfois plus de difficultés à identifier ce qui serait important pour vous.

Et c'est là qu'une distinction mérite d'être faite : prendre en compte votre réalité ne signifie pas devoir renoncer systématiquement à vos aspirations.


Vous avez aussi le droit de vous projeter dans votre propre avenir


Construire une vie qui vous ressemble ne signifie pas remettre en question votre rôle de mère, négliger votre enfant ou bouleverser toute votre organisation.

Cela peut commencer par des changements modestes : renouer avec une activité qui vous plaît, envisager une évolution professionnelle, prendre davantage de place dans vos relations, vous autoriser à faire de nouvelles rencontres ou simplement retrouver un projet qui vous enthousiasme. Votre vie peut évoluer, et vos priorités avec elle.

L'important est de ne pas considérer vos propres aspirations comme secondaires par principe, ni de penser que votre situation de maman solo vous interdit d'imaginer autre chose.

Vous pouvez être pleinement investie dans votre maternité tout en souhaitant développer votre vie personnelle. Les deux peuvent coexister, même si leur équilibre demande parfois des ajustements.

La première étape consiste donc à vous autoriser à regarder au-delà de ce que vous avez à gérer aujourd'hui, pour commencer à vous demander ce que vous souhaitez réellement construire pour demain.

Et pour cela, il est parfois nécessaire de comprendre ce qui vous retient. Certaines contraintes bien réelles, mais aussi des pensées et des croyances qui peuvent limiter les possibilités que vous vous accordez.



Ce qui vous retient : ces pensées qui limitent vos possibilités


Il n'y a pas toujours uniquement des contraintes extérieures qui rendent difficile la construction d'une vie plus épanouissante. Parfois, certaines pensées viennent également influencer la manière dont vous percevez votre situation, les possibilités qui s'offrent à vous et les choix que vous vous autorisez à faire.

Ces pensées peuvent sembler évidentes, presque incontestables. Elles se sont parfois installées progressivement, à travers vos expériences, votre éducation, votre histoire familiale ou les messages que vous avez reçus sur ce que signifie être une bonne mère.

En consultation, j'entends régulièrement :

  • Je n'ai pas le temps de penser à moi. 

  • Je dois consacrer toute mon énergie à mon enfant. 

  • Ce n'est pas raisonnable de vouloir changer de travail maintenant.

  • Avec un enfant, je ne peux plus avoir la même vie qu'avant.

  • Je n'ai pas le droit de prendre des décisions qui pourraient compliquer notre organisation.

Certaines de ces pensées s'appuient sur des réalités concrètes. Élever seule un enfant implique effectivement des responsabilités et des contraintes. Mais d'autres peuvent traduire des règles que vous vous êtes progressivement imposées, sans avoir pris le temps de vérifier si elles sont toujours adaptées à votre situation.


La peur de ne pas être une mère suffisamment disponible


Chez certaines mamans solos, prendre une décision pour soi peut s'accompagner d'un sentiment de culpabilité.

Envisager une formation, reprendre une activité, faire une rencontre, partir quelques jours ou consacrer du temps à un projet personnel peut faire surgir des interrogations : est-ce que je fais le bon choix pour mon enfant ? Est-ce que je ne devrais pas plutôt consacrer ce temps à ma famille ?

Derrière ces questions peut se cacher deux croyances : 

  • Une bonne mère devrait toujours faire passer les besoins de son enfant avant les siens.
  • On ne peut pas être une maman impliquée et présente, tout en s'épanouissant professionnellement et/ou personnellement.

Or, prendre en compte vos propres besoins ne signifie pas que vous manquez à vos responsabilités. Votre place de mère et votre existence en tant que femme ne sont pas incompatibles.

Il peut être utile de questionner cette idée : est-il réellement nécessaire de vous oublier pour être une mère attentive et présente... ou est-ce une croyance ?


Les pensées automatiques ne sont pas toujours des faits


En thérapie cognitivo-comportementale (TCC), on s'intéresse notamment aux liens entre les situations vécues, les pensées, les émotions et les comportements.

Une pensée automatique peut apparaître très rapidement face à une situation, sans que vous ayez nécessairement conscience de son influence.

Prenons un exemple :

Vous envisagez de reprendre une activité qui vous tient à cœur. Une pensée surgit : "Je ne pourrai jamais concilier cela avec ma vie de maman solo."

Cette pensée peut provoquer du découragement ou de l'inquiétude. Vous pouvez alors renoncer au projet avant même d'avoir étudié les possibilités concrètes. Pourtant, entre l'idée de départ et la conclusion que vous en tirez, il existe un espace de réflexion.

Est-ce réellement impossible ? Quelles sont les contraintes à prendre en compte ? Existe-t-il des aménagements envisageables ? Qu'est-ce qui vous fait penser que vous ne pourrez pas y arriver ? Avez-vous déjà envisagé d'autres façons de procéder ?

Il ne s'agit pas de vous convaincre que tout est possible, mais de distinguer les obstacles réels des conclusions parfois trop rapides que vous tirez de votre situation.


Apprendre à questionner ses propres règles


Certaines croyances prennent la forme de règles intérieures : Je dois tout gérer seule. Je ne dois pas décevoir. Je dois être disponible à tout moment. Je ne peux pas me permettre de faire passer mes envies en premier. Etc.

Ces règles peuvent avoir été utiles à certains moments de votre vie. Elles ont parfois permis de faire face à des situations spécifiques ou de répondre à des attentes importantes. Mais cela ne signifie pas qu'elles doivent continuer à guider toutes vos décisions.

En TCC, le travail consiste notamment à identifier ces pensées, à examiner les éléments qui les soutiennent ou les contredisent, puis à rechercher une interprétation plus nuancée et plus adaptée à la réalité.

Par exemple, remplacer "Je n'ai pas le droit de prendre du temps pour moi" par "Mes responsabilités sont réelles, mais je peux aussi réfléchir à une manière de préserver une place pour mes besoins" ne supprime pas les contraintes. Cela ouvre simplement une autre perspective.

L'objectif n'est pas de penser positivement à tout prix, mais de retrouver une capacité de réflexion et de choix, plutôt que de laisser certaines croyances décider systématiquement à votre place.

C'est en apprenant à repérer ces mécanismes que vous pourrez progressivement envisager d'autres possibilités et faire des choix davantage en accord avec ce qui compte pour vous. Non pas en faisant plus, mais différemment. En changeant votre regard sur la situation.



Trois pistes concrètes pour commencer à construire une vie qui vous ressemble


Observer et comprendre ce qui vous freine sont une première étape. Mais comment faire évoluer les choses concrètement, sans chercher à tout changer d'un seul coup ?

Il n'est pas nécessaire de prendre immédiatement de grandes décisions ou de bouleverser votre organisation. Vous pouvez commencer par de petites démarches, adaptées à votre situation actuelle, pour mieux identifier ce qui compte pour vous et retrouver progressivement une marge de choix.

Voici trois pistes à explorer à votre rythme.


1. Noter un besoin personnel chaque semaine


Dans le quotidien d'une maman solo, il est parfois plus facile d'identifier ce dont votre enfant a besoin que de savoir ce qui vous ferait du bien à vous.

Pour commencer à y voir plus clair, prenez quelques minutes une fois par semaine pour noter un besoin personnel. Il peut être très simple : retrouver une activité qui vous plaît, avoir davantage de temps pour une passion, développer votre vie sociale, apprendre quelque chose de nouveau, retrouver de l'autonomie ou simplement vous accorder un moment de tranquillité.

L'objectif n'est pas de trouver immédiatement une solution pour répondre à ce besoin. Il s'agit d'abord de lui donner une place et de reconnaître qu'il existe.

Vous pouvez vous poser quelques questions :

  • Qu'est-ce qui me manque actuellement ?

  • Qu'est-ce que j'aimerais retrouver ou découvrir ?

  • De quoi aurais-je besoin pour me sentir davantage épanouie dans ma vie ?

Au fil des semaines, ces notes peuvent faire apparaître des envies récurrentes, des aspirations oubliées ou des changements auxquels vous n'aviez pas encore vraiment réfléchi.


2. Mettre à l'épreuve une pensée qui vous bloque


Choisissez une pensée qui revient régulièrement lorsque vous envisagez un projet ou une décision personnelle. Par exemple : Je ne peux pas envisager de reprendre une formation puisque je suis maman solo. Plutôt que de considérer cette affirmation comme une vérité définitive, prenez le temps de l'examiner.

Vous pouvez notamment vous demander :

  • Quels éléments concrets me font penser cela ?

  • Est-ce que je généralise à partir d'une difficulté rencontrée ?

  • Existe-t-il des situations dans lesquelles cette idée ne serait pas totalement vraie ?

  • Quelles conditions pourraient rendre ce projet envisageable, même différemment de ce que j'avais imaginé ?

L'idée n'est pas de minimiser les difficultés ni de vous convaincre que vous pouvez tout faire. Il s'agit de vérifier si votre conclusion tient compte de toutes les possibilités.

Vous pourriez ainsi faire évoluer votre pensée vers quelque chose de plus nuancé : Reprendre une formation demanderait une organisation particulière, mais je peux me renseigner sur les formats et les aides qui pourraient être adaptés à ma situation. 

Ce changement de perspective ne garantit pas que le projet sera réalisable. En revanche, il vous permet de ne pas l'écarter avant même d'avoir exploré les options.


3. Identifier un soutien sur lequel vous pourriez vous appuyer


Construire une vie qui vous correspond ne signifie pas devoir tout réaliser seule. Même lorsque vous êtes le seul parent à prendre en charge le quotidien, vous pouvez réfléchir aux ressources qui existent autour de vous et aux soutiens que vous pourriez mobiliser.

Il peut s'agir d'un proche de confiance, d'un membre de votre famille, d'une amie, d'un professionnel, d'une association ou d'un autre dispositif d'accompagnement. Le soutien recherché dépendra de vos besoins : disposer de davantage de temps, être écoutée, obtenir des informations, trouver une solution de garde ou être accompagnée dans une réflexion personnelle.

Pour avancer, vous pouvez vous demander :

  • Sur qui puis-je réellement compter aujourd'hui ?

  • Qu'est-ce que je pourrais demander, même ponctuellement ?

  • Existe-t-il une ressource ou un service que je n'ai pas encore exploré ?

  • Quelle difficulté pourrait devenir plus accessible si je n'avais pas à la résoudre seule ?

Demander du soutien ne signifie pas être incapable de gérer sa vie (encore une croyance bien ancrée). C'est reconnaître que certaines choses sont plus faciles à envisager et à mettre en place lorsque l'on peut s'appuyer sur d'autres personnes en qui on a pleinement confiance.

Et si vous ressentez le besoin d'un espace pour réfléchir à vos choix, mieux comprendre vos fonctionnements et clarifier vos aspirations, un accompagnement thérapeutique individuel peut également vous aider dans cette démarche.

Pour en savoir plus sur mon accompagnement pour les mamans : Soutien pour mamans


Avancer à votre rythme, sans vous imposer une nouvelle exigence


Ces trois pistes ne constituent pas une méthode à appliquer parfaitement. Vous pouvez en choisir une seule, y revenir plus tard ou les adapter selon votre réalité.

L'important est de commencer à vous accorder une place dans vos propres réflexions et décisions. 

Vous n'avez pas besoin d'avoir un projet précis, une direction parfaitement définie ou un avenir déjà organisé pour commencer. Parfois, le premier changement consiste simplement à reconnaître que vous avez, vous aussi, le droit de vous demander ce que vous souhaitez pour votre vie.

Derrière une maman épanouie et comblée, il y a une femme qui s'écoute, qui respecte ses besoins et qui s'autorise à faire une place à ses envies. En prenant soin de votre propre équilibre et en construisant une vie dans laquelle vous vous sentez bien, vous nourrissez aussi votre disponibilité, votre énergie et votre joie. Cet épanouissement ne s'arrête pas à vous, il rayonne sur votre enfant et se transmet naturellement.



Entre les contraintes de la réalité et les possibilités que vous ne voyez plus


Les difficultés rencontrées par les mamans solos sont réelles et ne dépendent pas uniquement des façons de penser ou d'agir. La réalité est aussi sociale et matérielle.

Notre société, notamment en France, reste encore insuffisamment adaptée aux réalités des familles monoparentales. Les horaires de travail ne sont pas toujours compatibles avec les horaires scolaires, les solutions de garde peuvent être coûteuses ou difficiles à trouver, les imprévus sont plus compliqués à gérer lorsqu'il n'y a pas de second parent avec qui se relayer. Les contraintes financières, professionnelles et organisationnelles peuvent également limiter les possibilités. Etc.

Ces obstacles sont réels. Il ne s'agit donc pas de vous dire qu'il suffit de changer votre état d'esprit pour pouvoir tout concilier. Certaines situations nécessitent des ressources, des aménagements et du soutien qui ne sont pas toujours accessibles.

Cependant, il existe aussi une différence entre reconnaître les contraintes de votre situation et considérer que votre vie doit nécessairement se limiter à celles-ci.

À force de penser que vous ne pourrez pas reprendre une activité, faire évoluer votre vie professionnelle, développer une relation amoureuse ou réaliser un projet personnel parce que vous êtes maman solo, vous risquez parfois de ne plus envisager les différentes possibilités qui pourraient exister.

Et si, plutôt que de vous demander immédiatement pourquoi ce n'est pas possible, vous commenciez par explorer ce qui pourrait le rendre envisageable ? Cela peut passer par une autre organisation, un aménagement, une aide ponctuelle, un soutien extérieur ou simplement une manière différente d'aborder votre projet.

Tout ne sera pas forcément réalisable aujourd'hui. Certains projets demanderont davantage de temps, d'autres devront être adaptés ou reportés. Mais il est important de pouvoir distinguer ce qui est réellement inaccessible de ce qui n'a pas encore été exploré.

L'enjeu n'est pas de vous convaincre que vous pouvez tout faire, mais de ne pas vous interdire certaines possibilités avant même de les avoir questionnées.

Être maman solo implique parfois de composer avec davantage de contraintes. Cela ne signifie pas que vous devez renoncer à votre vie personnelle, à vos projets ou à vos aspirations. Ça demande d'avantage d'énergie au début, certes, mais pour une vie qui vous ressembles plus.



Quand demander de l'aide ? Reconnaître les signes d'une souffrance qui s'installe


Il arrive que les difficultés ne soient plus seulement liées à une période compliquée ou à des circonstances particulières. Vous pouvez avoir le sentiment de ne plus parvenir à retrouver votre équilibre, de perdre progressivement votre élan ou de ne plus réussir à envisager l'avenir avec sérénité.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître que l'on a besoin d'aide. Vous pouvez avoir pris l'habitude de faire face, minimiser ce que vous ressentez ou penser que vous devez attendre que la situation devienne vraiment difficile pour consulter.

Pourtant, vous n'avez pas à atteindre vos limites pour prendre soin de votre santé.


Quand le mal-être devient durable


Certains signes peuvent indiquer que votre souffrance mérite une attention particulière :

  • Une fatigue persistante qui ne s'améliore pas malgré les périodes de repos.

  • Des difficultés de sommeil qui s'installent.

  • Une tristesse, une irritabilité ou une anxiété devenues fréquentes.

  • Une perte d'intérêt pour les activités qui vous plaisaient auparavant.

  • Un sentiment de découragement, d'impuissance ou de dévalorisation.

  • Des difficultés à vous concentrer ou à accomplir vos activités habituelles.

  • L'impression de ne plus avoir de perspective positive pour l'avenir.

Ces manifestations peuvent avoir différentes origines et ne permettent pas, à elles seules, de poser un diagnostic. Seul un médecin est apte à poser un diagnostique. Cependant, ces manifestations méritent toutefois d'être prises au sérieux, particulièrement lorsqu'elles persistent, s'intensifient ou ont des conséquences sur votre vie personnelle, familiale ou professionnelle.

Une souffrance psychologique peut notamment s'installer progressivement, sans que vous identifiiez immédiatement ce qui se passe. C'est pourquoi il est important de ne pas attendre de ne plus réussir à fonctionner pour en parler.


Le médecin : un premier interlocuteur pour faire le point


Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, vous pouvez commencer par prendre rendez-vous avec votre médecin traitant. Il pourra évaluer votre état de santé, rechercher d'éventuelles causes physiques à certains symptômes, apprécier votre souffrance psychologique et vous orienter vers un accompagnement adapté si nécessaire. 

Un accompagnement thérapeutique, en complément, peut également vous offrir un espace pour exprimer ce que vous traversez, comprendre vos fonctionnements et travailler sur les difficultés qui affectent votre quotidien et vos perspectives d'avenir.

Vous pouvez demander de l'aide simplement parce que vous sentez que quelque chose ne va plus, que vous avez besoin de prendre du recul ou que vous souhaitez retrouver des repères.

Pour en savoir plus sur mon accompagnement pour les mamans : Soutien pour mamans



En cas de pensées suicidaires : ne restez pas seule


Si votre souffrance devient intense, si vous avez le sentiment que la situation est sans issue ou si des pensées suicidaires apparaissent, il est essentiel de ne pas rester seule avec ce que vous traversez.

En France, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit, confidentiel et accessible 24h/24, 7 j/7.

Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse. C'est une démarche importante pour votre santé et votre sécurité. Vous avez le droit d'être accompagnée, soutenue et prise en considération, même lorsque vous êtes habituée à assumer beaucoup de responsabilités.



Pour aller plus loin : être accompagnée pour retrouver sa place et construire son avenir


Il n'est pas toujours facile de prendre du recul seule sur sa situation, de comprendre ce qui vous freine ou de savoir par où commencer.

Parfois, vous avez conscience que certaines choses ne vous conviennent plus, mais vous ne savez pas encore comment les faire évoluer. Vous pouvez avoir des envies sans parvenir à les définir clairement, hésiter entre plusieurs directions ou avoir besoin d'un espace pour réfléchir à vos choix sans vous sentir jugée.

C'est notamment dans ces moments qu'un accompagnement thérapeutique individuel peut avoir du sens.


Un espace pour mieux vous comprendre et avancer à votre rythme


Avec Soutien Maman, je vous propose un accompagnement individuel en ligne, pensé pour les mamans qui souhaitent prendre du recul sur leur situation, mieux comprendre leurs fonctionnements et retrouver une place plus juste pour elles-mêmes.

À travers un travail d'introspection, des outils issus des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), de la pleine conscience et de la thérapie intuitive, nous explorons ensemble ce qui se joue pour vous.

Nous pouvons notamment travailler sur :

  • La compréhension de vos pensées, de vos émotions et des comportements qui influencent vos choix.

  • L'identification de vos besoins, de vos valeurs et de vos aspirations personnelles.

  • Les croyances et les mécanismes qui peuvent vous empêcher de vous autoriser certaines possibilités.

  • Le développement de votre confiance en vous et de votre capacité à faire des choix.

  • La mise en place de changements concrets, adaptés à votre réalité et à votre rythme.

Il ne s'agit pas de vous imposer une direction ou de vous donner une liste de choses à accomplir. L'objectif est de vous aider à mieux vous comprendre, à clarifier ce qui compte pour vous et à expérimenter progressivement d'autres façons d'avancer.


Vous aussi, vous avez une vie à construire


Être maman solo fait partie de votre histoire, mais ne résume pas votre identité ni tout ce que vous pouvez envisager pour votre avenir.

Vous avez le droit d'avoir des projets, de faire évoluer vos envies, de prendre des décisions pour vous et de construire une vie dans laquelle vous vous sentez pleinement à votre place.

Vous n'avez pas besoin de savoir exactement où vous souhaitez aller pour commencer ce travail. Vous pouvez simplement ressentir le besoin de faire le point et de ne plus avancer uniquement en fonction de ce que vous devez faire.

Vous souhaitez être accompagnée dans cette démarche ?

Je vous propose un premier rendez-vous pour échanger sur votre situation, vos besoins et ce que vous recherchez dans cet accompagnement.




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