Pourquoi je n'arrive plus à faire les choses simples ?
Comprendre ce qui se passe quand tout devient difficile
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Vous vous demandez peut-être ce qui vous arrive. Avant, vous arriviez à gérer votre quotidien. Vous faisiez vos tâches, vous preniez des décisions, vous organisiez vos journées sans y penser. Et aujourd'hui, des choses qui semblaient simples deviennent soudainement difficiles. Prendre une douche, répondre à un message, ranger votre maison, sortir quelques minutes, faire une démarche administrative ou simplement commencer une tâche peuvent demander une énergie considérable.
Parfois, vous avez même l'impression de ne plus être la même personne. En séance, j'entends parfois : Pourquoi je n'arrive plus à faire ce que je faisais avant ? Pourquoi tout me demande autant d'efforts ? Est-ce que je suis devenu(e) paresseux(se) ? Pourquoi je manque de motivation alors que je voudrais avancer ?"
Cette situation peut être très déstabilisante et souvent accompagnée de beaucoup de culpabilité. Vous voyez les autres continuer leur quotidien, accomplir leurs obligations, sortir, avancer… alors que de votre côté, le moindre effort semble devenir une montagne.
Pourtant, cette difficulté à faire les choses simples n'est pas forcément un manque de volonté. Elle peut être le signe que votre cerveau et votre corps traversent une période de surcharge, d'épuisement ou d'insécurité intérieure. Lorsque l'on vit longtemps avec du stress, de l'anxiété, des événements difficiles ou une pression constante, notre fonctionnement peut changer. Certaines capacités qui semblaient naturelles avant deviennent plus coûteuses : se concentrer, décider, s'organiser, commencer une action ou simplement trouver l'énergie nécessaire pour avancer.
Dans cet article, nous allons comprendre pourquoi les choses simples peuvent devenir si difficiles, ce qui se passe dans votre cerveau lorsque vous êtes en épuisement psychologique, et surtout comment recommencer progressivement à retrouver confiance en vos capacités.
Car non, vous n'êtes pas devenu(e) incapable. Vous traversez peut-être simplement une période où votre cerveau vous demande de ralentir, de récupérer et d'avancer autrement.
1 - Quand les choses simples deviennent difficiles : un changement qui déstabilise profondément
L'une des expériences les plus déstabilisantes lorsque l'on traverse une période d'anxiété, d'épuisement psychologique ou de dépression est de ne plus réussir à fonctionner comme avant. Ce n'est pas seulement une question de fatigue. C'est une sensation beaucoup plus profonde : celle de ne plus se reconnaître.
Vous avez peut-être connu une période où vous étiez capable de gérer beaucoup de choses. Vous travailliez, vous organisiez votre quotidien, vous preniez soin des autres, vous aviez des projets, des envies, une certaine énergie pour avancer. Et puis progressivement, ou parfois brutalement, quelque chose a changé. Ce qui était naturel avant demande maintenant un effort considérable.
Vous avez peut-être remarqué que :
- répondre à un message vous demande une énergie disproportionnée ;
- prendre un rendez-vous ou faire une démarche simple vous semble difficile ;
- ranger, cuisiner ou vous occuper de certaines tâches du quotidien devient épuisant ;
- sortir de chez vous nécessite une préparation mentale ;
- prendre des décisions, même simples, devient compliqué ;
- vous avez besoin de beaucoup plus de temps pour récupérer après une journée ordinaire.
Et face à ce changement, une question revient souvent : Pourquoi je n'arrive plus à faire des choses que je faisais avant ?
Cette question peut être accompagnée d'une grande incompréhension, mais aussi d'une forte culpabilité. Car de l'extérieur, certaines personnes peuvent avoir du mal à comprendre : Mais pourtant, ce n'est qu'un message à envoyer. Tu pourrais simplement te motiver. Avant tu y arrivais bien. Etc.. Ces remarques, même lorsqu'elles partent d'une bonne intention, peuvent renforcer un sentiment d'échec.
Peut-être que vous-même, vous vous posez déjà ces questions. On est souvent la première personne à se juger durement (Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Pourquoi je n'ai plus la force alors que je voudrais avancer ? Pourquoi je suis bloqué(e) alors que j'ai envie que les choses changent ?). Ce qui est particulièrement douloureux, c'est l'impression de perdre une partie de son identité (Je ne me reconnais plus. Ce n'est pas moi d'être comme ça. Avant j'étais organisé(e), dynamique, indépendant(e). J'avais de l'énergie pour tout le monde, pourquoi je n'en ai plus pour moi ?).
Cette sensation peut être très angoissante, car elle donne l'impression que quelque chose s'est cassé définitivement. Pourtant, il est important de comprendre une chose, avoir plus de difficultés à faire certaines choses ne signifie pas que vous êtes devenu(e) moins capable.
Il existe une différence importante entre vos capacités et l'énergie dont vous disposez à un moment donné. Une personne peut avoir toutes les compétences nécessaires pour accomplir une tâche, mais ne pas avoir aujourd'hui les ressources émotionnelles ou mentales disponibles pour y parvenir facilement.
C'est un peu comme vouloir utiliser un téléphone avec une batterie presque vide. Le téléphone fonctionne toujours, ses capacités existent toujours, mais certaines fonctions deviennent plus difficiles parce que l'énergie disponible est limitée. Il en est de même pour vous. Votre personnalité, vos compétences, votre intelligence, vos qualités et tout ce que vous avez construit au fil des années n'ont pas disparu.
Mais lorsque l'on traverse une période de forte charge émotionnelle ou psychologique, l'accès à ces ressources peut devenir plus difficile. C'est aussi pour cela que deux personnes peuvent vivre une situation similaire et ne pas réagir de la même manière. La difficulté ne dépend pas uniquement de ce qui se passe autour de vous, mais aussi de l'état dans lequel votre organisme se trouve au moment où vous traversez cette épreuve.
Vous avez peut-être l'impression que les autres avancent alors que vous êtes bloqué(e). Vous comparez votre quotidien actuel avec votre ancienne version de vous-même. Mais cette comparaison oublie une chose essentielle : vous ne vivez pas avec les mêmes ressources qu'avant.
Si aujourd'hui les choses simples vous demandent plus d'efforts, ce n'est pas forcément parce que vous êtes devenu(e) incapable. C'est peut-être parce qu'une partie de vous a été trop sollicitée pendant trop longtemps et qu'elle a besoin d'être comprise, soutenue et reconstruite progressivement.
La première étape n'est donc pas de vous forcer davantage, mais de comprendre ce qui se passe réellement.
2 - Quand le cerveau est en surcharge : pourquoi certaines capacités deviennent plus difficiles ?
Notre cerveau est constamment en train de gérer des informations : nos pensées, nos émotions, nos sensations physiques, notre environnement, nos relations, nos obligations et les problèmes que nous rencontrons.
Dans une période où les ressources sont suffisantes, cette gestion se fait de manière fluide. Mais lorsqu'une personne traverse une période prolongée de stress, d'anxiété, de pression ou d'épreuves difficiles, le cerveau peut progressivement fonctionner avec une charge beaucoup plus importante.
Il doit alors gérer plusieurs niveaux de sollicitation en même temps : les inquiétudes concernant l'avenir, les pensées qui tournent en boucle, la vigilance permanente, les émotions difficiles, les décisions quotidiennes, les contraintes extérieures, etc. Cette activité constante utilise une grande partie des ressources disponibles. C'est ce qui peut expliquer pourquoi certaines fonctions deviennent moins accessibles.
Par exemple :
- La concentration devient plus fragile
Vous pouvez lire une page et vous rendre compte que vous n'avez rien retenu. Vous pouvez écouter quelqu'un parler mais avoir du mal à suivre la conversation. Votre esprit semble ailleurs, non pas parce que vous ne faites pas attention, mais parce qu'une partie de vos ressources est déjà mobilisée.
- Les décisions deviennent épuisantes
Choisir quoi manger, répondre à un message, organiser une journée ou prendre une décision simple peut sembler beaucoup plus difficile. Lorsque le cerveau est déjà très sollicité, même les petites décisions viennent s'ajouter à une charge existante.
- Le passage à l'action devient plus compliqué
Vous savez parfois exactement ce que vous devriez faire, vous avez l'intention de le faire, mais entre l'idée et l'action, il y a comme un blocage. Ce phénomène est fréquent lorsque le cerveau est fatigué ou constamment sollicité. Ce n'est pas que l'envie a disparu. C'est que l'accès à l'énergie nécessaire pour agir est devenu plus difficile.
- Le corps participe aussi à cette surcharge
Le cerveau et le corps fonctionnent ensemble. Une période de stress prolongé peut s'accompagner de fatigue importante, de tensions physiques, d'un sommeil perturbé, d'une sensation d'être constamment sous pression, une diminution de l'énergie disponible, etc. La personne peut alors avoir l'impression que son corps "ne suit plus".
L'objectif n'est donc pas de lutter contre soi-même, mais de comprendre que certaines difficultés quotidiennes sont la conséquence d'un système qui a été fortement sollicité. Comprendre ce mécanisme permet déjà de changer une chose essentielle : arrêter de transformer une difficulté réelle en jugement contre soi.
3 - Pourquoi une petite tâche peut-elle devenir une véritable montagne ?
Lorsque l'on traverse une période d'anxiété, d'épuisement psychologique ou de fragilité émotionnelle, une chose est souvent difficile à expliquer à l'entourage : la différence entre ce que les autres voient et ce que l'on vit réellement à l'intérieur.
De l'extérieur, certaines actions peuvent sembler simples (passer un appel, faire des courses, répondre à un message, ranger une pièce, etc.) Pourtant, pour une personne qui traverse une période difficile, ces actions peuvent demander une énergie considérable.
Parce qu'une tâche n'est jamais uniquement une tâche. Elle implique aussi tout ce qui l'accompagne intérieurement.
Prenons un exemple. Pour certaines personnes, aller faire des courses signifie simplement : Je prends mes clés et je vais acheter ce dont j'ai besoin. Mais lorsqu'une personne est anxieuse ou épuisée, cela peut représenter beaucoup plus : se préparer à sortir, supporter les sensations physiques liées au stress, croiser des personnes, faire des choix, gérer les imprévus, avoir peur de ne pas réussir à faire face.
La difficulté ne vient donc pas toujours de l'action elle-même. Elle vient de toute l'énergie nécessaire pour traverser ce moment.
C'est aussi pour cela que certaines personnes disent : Je sais que ce n'est pas grand-chose, mais je n'y arrive pas. Elles savent que la tâche paraît simple extérieurement, mais leur ressenti intérieur, lui, est bien réel.
Le poids invisible derrière les petites actions du quotidien
Imaginez que deux personnes doivent monter un escalier. La première porte un sac léger et la seconde porte un sac rempli de pierres. L'escalier et le nombre de marches sont exactement les mêmes, mais l'effort demandé n'est pas comparable.
Dans la vie quotidienne, les autres voient souvent uniquement "l'escalier". Ils ne voient pas toujours le poids invisible que la personne porte en elle. Ce poids peut être constitué de pensées incessantes, d'inquiétudes permanentes, de peur de mal faire, d'un manque de confiance, de fatigue émotionnelle, de souvenirs douloureux ou d'une pression que l'on s'impose. Alors une action banale peut devenir l'effort de trop.
Pourquoi cela crée souvent de la honte
Le plus difficile n'est pas seulement la difficulté elle-même, c'est souvent le jugement que l'on porte ensuite sur soi. Après avoir annulé une sortie, repoussé une démarche ou laissé une tâche de côté, certaines personnes pensent : Je suis incapable. Je devrais faire plus d'efforts. Les autres y arrivent, pourquoi pas moi ?
Cette comparaison peut renforcer le sentiment d'échec. Pourtant, il est important de regarder la situation autrement. Une personne qui traverse une période de fragilité psychologique n'a pas besoin d'être davantage critiquée / autocritiquée. Elle a besoin de comprendre ce qui lui arrive et de retrouver progressivement des ressources.
Le piège de vouloir fonctionner exactement comme avant
Une difficulté fréquente est de vouloir retrouver immédiatement son ancien rythme, mais lorsque l'on sort d'une période d'épuisement ou de grande souffrance émotionnelle, il est souvent nécessaire de reconstruire progressivement.
Le but n'est pas de prouver que l'on est encore capable de tout faire, mais de retrouver une stabilité durable, car avancer en se forçant constamment, en dépassant ses limites et en ignorant ses besoins peut maintenir le cercle de l'épuisement.
Comprendre que certaines choses sont devenues difficiles n'est donc pas une excuse pour abandonner. C'est une façon plus juste de comprendre son fonctionnement pour pouvoir avancer autrement.
4 - Pourquoi se forcer davantage ne fonctionne pas toujours ?
Lorsque l'on n'arrive plus à faire les choses simples, une réaction très fréquente apparaît : se mettre encore plus de pression. On peut se dit : Il faut que je me reprenne. Je dois arrêter de me plaindre. Je dois faire des efforts. Je n'ai pas le choix, il faut avancer. Cette réaction est compréhensible. Après tout, lorsque l'on sent que l'on perd pied, on cherche naturellement à reprendre le contrôle. Mais parfois, cette stratégie peut malheureusement renforcer le problème au lieu de le résoudre.
Le cercle de la pression et de l'épuisement
Lorsque chaque difficulté devient une occasion de se critiquer, un cercle peut s'installer :
Je n'arrive pas à faire quelque chose → je culpabilise → je me mets davantage de pression → mon stress augmente → j'ai encore moins d'énergie → j'ai encore plus de difficultés.
Progressivement, la personne ne souffre plus seulement de sa difficulté initiale. Elle souffre aussi du regard très dur qu'elle porte sur elle-même.
Une simple tâche qui n'a pas été réalisée devient alors une preuve supposée : Je suis nul(le). Je n'y arriverai jamais. Je ne suis plus capable. Alors qu'en réalité, cette difficulté est un signal qu'il faut écouter.
Se forcer n'est pas toujours la même chose qu'avancer
Il existe une différence importante entre faire un effort pour avancer et se maltraiter pour réussir à tenir. Faire un effort peut être positif. Cela peut permettre de retrouver progressivement de la confiance et de reprendre une activité. Mais avancer uniquement avec de la peur, de la culpabilité ou de la pression intérieure épuise davantage. C'est comme demander à une personne qui a une blessure physique de courir plus vite pour qu'elle guérisse.
La volonté est importante, mais elle ne remplace pas la récupération.
Pourquoi la culpabilité peut bloquer davantage
La culpabilité donne souvent l'impression qu'elle va nous pousser à agir. On pense inconsciemment ou non : Si je me sens suffisamment coupable, je vais finir par me reprendre. Mais dans beaucoup de situations, elle produit l'effet inverse. Elle augmente le stress, la peur de l'échec, le sentiment d'être différent des autres et la perte de confiance. Et lorsque la confiance diminue, le passage à l'action devient encore plus difficile.
La personne finit parfois par éviter certaines situations non pas parce qu'elle ne veut pas avancer, mais parce qu'elle a peur de constater une nouvelle fois qu'elle n'y arrive pas.
Retrouver un équilibre entre douceur et mouvement
Comprendre qu'il ne faut pas se brutaliser ne signifie pas qu'il faut abandonner ou rester immobile. C'est une nuance essentielle. L'objectif n'est pas : Je vais attendre que tout aille mieux pour recommencer à vivre. L'objectif est plutôt : Je vais apprendre à avancer d'une manière qui respecte mon état actuel.
Cela peut passer par des actions plus adaptées :
- faire une chose à la fois ;
- accepter de réduire temporairement ses exigences ;
- reconnaître les progrès même petits ;
- retrouver progressivement un sentiment de capacité.
Chaque petite action réalisée n'est pas insignifiante. Elle envoie aussi un message important au cerveau : Je suis capable d'avancer, même progressivement.
Reprendre confiance ne se fait pas en se jugeant davantage
Lorsque l'on traverse une période où tout semble difficile, le réflexe est souvent de chercher ce qui ne va pas chez soi. Pourtant, la reconstruction passe rarement par davantage de critiques. Elle passe par une meilleure compréhension de soi, par l'écoute de ses besoins et par des étapes adaptées à sa situation.
Vous n'avez pas besoin de redevenir immédiatement la personne que vous étiez avant. Vous avez besoin de retrouver progressivement un équilibre qui vous permette d'avancer à nouveau.
5 - Comment recommencer progressivement quand tout semble trop difficile ?
Lorsque les choses simples deviennent difficiles, on peut avoir tendance à chercher une solution radicale : Il faut que je change complètement. Je dois reprendre ma vie en main. À partir de demain, je recommence tout.
Cette envie de retrouver rapidement la personne que l'on était avant est compréhensible. Mais lorsqu'une personne a traversé une période d'anxiété importante, d'épuisement psychologique ou de souffrance émotionnelle, la reconstruction se fait rarement par un grand changement soudain. Elle se fait par des petits pas répétés.
Recommencer par ce qui est possible aujourd'hui
Une erreur fréquente est de se fixer des objectifs qui correspondent à son ancienne capacité, et non à son énergie actuelle.
Par exemple, avant, vous pouviez peut-être gérer une journée complète sans difficulté, voir plusieurs personnes ou organiser beaucoup de choses en même temps. Aujourd'hui, votre objectif peut simplement être prendre soin de vous ce matin, sortir quelques minutes à la lumière du jour, répondre à un message important, préparer un repas simple ou ranger une petite partie d'une pièce.
Cela peut sembler peu. Pourtant, lorsque l'on sort d'une période difficile, ces actions ont une vraie valeur. Elles permettent de reconstruire progressivement un sentiment de confiance. On sous-estime bien trop souvent les choses simples.
Ne pas attendre de retrouver la motivation pour agir
En séance, j'entends très régulièrement : Quand j'irai mieux, je recommencerai à faire des choses. Pourtant, la plupart du temps, la motivation revient aussi grâce à l'action. Pas grâce à de grands efforts, mais grâce à des expériences positives répétées (se lever malgré une journée difficile, prendre l'air quelques minutes, faire une petite tâche que l'on repoussait, reprendre une activité douce qui faisait du bien auparavant. Ces moments permettent progressivement au cerveau d'enregistrer : Je suis encore capable d'agir.
Accepter que votre rythme soit différent temporairement
Une difficulté fréquente est de comparer son rythme actuel avec celui d'avant. Aujourd'hui, vous traversez peut-être une période différente qui demande d'autres besoins. Respecter son rythme actuel ne signifie pas abandonner, mais reconnaître la réalité du moment pour pouvoir avancer efficacement.
Une personne qui se reconstruit n'est pas en train de reculer. Elle est en train de récupérer les ressources nécessaires pour repartir plus solidement.
Recréer de la sécurité intérieure
Lorsque l'on a vécu une période de stress important ou d'épuisement, on peut perdre confiance en soi. On doute de ses capacités, on anticipe davantage les difficultés ou on a peur de ne pas réussir.
C'est pourquoi il est important de recréer progressivement un sentiment de sécurité. Cela peut passer par retrouver des habitudes simples, avoir des moments de récupération, respecter ses limites, faire des choses qui donnent un sentiment de maîtrise, se reconnecter à ce qui apporte du plaisir ou du sens.
La confiance ne revient pas uniquement en réfléchissant. Elle revient aussi en accumulant de petites expériences qui montrent : Je peux y arriver. On remet du mouvement.
Se parler différemment
La façon dont vous vous adressez à vous-même a un impact important. Comparez : Je suis incapable, je ne fais plus rien. et : Je traverse une période difficile et j'apprends à avancer autrement.
La situation extérieure est la même, mais le message envoyé à votre cerveau est complètement différent. La bienveillance envers soi-même est une façon de créer les conditions nécessaires pour avancer. Reprendre une vie normale ne signifie pas redevenir exactement la personne que vous étiez avant.
Parfois, une période difficile oblige à ralentir, à comprendre ses besoins autrement et à construire un équilibre différent.
L'objectif n'est pas de tout réussir immédiatement, c'est de retrouver progressivement l'énergie, la confiance et la capacité d'avancer.
6 - Pourquoi retrouver son énergie prend du temps (et pourquoi les jours difficiles ne signifient pas un échec)
Lorsque l'on traverse une période où les choses simples deviennent difficiles, on aimerait souvent avoir une réponse claire. En séance, l'une des premières questions est régulièrement : Combien de temps cela va durer ? Quand vais-je redevenir comme avant ? Quand vais-je retrouver mon énergie ?
Cette attente est totalement compréhensible. Lorsque l'on souffre depuis plusieurs semaines, plusieurs mois ou parfois plusieurs années, on a envie de retrouver rapidement une vie normale.
Pourtant, la récupération psychologique n'est pas un processus linéaire.
Aller mieux ne signifie pas ne plus jamais avoir de difficultés
Une erreur fréquente est de croire que la progression doit ressembler à une ligne droite : Un jour difficile → puis un jour meilleur → puis de mieux en mieux.
Mais dans la réalité, la reconstruction ressemble souvent davantage à des vagues, et c'est normal. La vie est mouvement, faite de haut et bas, de joie et de peine. Il peut y avoir des périodes où vous sentez une amélioration, des moments où vous retrouvez un peu d'énergie, puis des journées où la fatigue, l'anxiété ou le découragement reviennent. Ces moments peuvent être très frustrants. Vous pouvez penser : Je croyais aller mieux, pourquoi je suis à nouveau comme ça ?
Pourtant, une journée difficile ne signifie pas que vous êtes revenu(e) au point de départ.
Le cerveau et le corps ont besoin de temps pour retrouver un équilibre
Lorsque l'on a été longtemps sous pression, en état d'alerte ou dans une période de souffrance émotionnelle, il est normal que le retour à l'équilibre demande du temps. On ne reconstruit pas une énergie qui a été épuisée en quelques jours.
C'est comparable à une blessure physique. Lorsqu'une personne se blesse, elle ne reprend pas immédiatement ses activités habituelles dès que la douleur diminue. Elle reprend progressivement, en respectant les étapes nécessaires. Il en est de même psychologiquement.
Même si la souffrance est invisible, le processus de récupération existe.
Pourquoi certaines périodes sont plus difficiles que d'autres ?
Il est fréquent de constater des variations. Un jour, vous réussissez à sortir, à voir quelqu'un ou à accomplir plusieurs choses. Le lendemain, vous avez l'impression de ne plus avoir d'énergie.
Cela peut donner l'impression d'être incompréhensible ou instable. Pourtant, plusieurs éléments peuvent influencer votre état la qualité du sommeil, le niveau de stress accumulé, les événements de la journée, les émotions traversées, la fatigue physique et les efforts fournis les jours précédents.
Parfois, une journée plus difficile est un signal que votre organisme a besoin de récupérer tout simplement.
Ne pas confondre ralentissement et échec
Beaucoup de personnes sont très dures avec elles-mêmes lorsqu'elles ralentissent, mais apprendre à respecter ses limites fait aussi partie du chemin.
Avancer ne signifie pas toujours faire plus. Parfois, avancer signifie apprendre à écouter ses besoins, arrêter de lutter constamment contre soi-même, accepter une étape de récupération ou reprendre confiance progressivement.
La comparaison peut ralentir la reconstruction
Une autre difficulté fréquente est de se comparer aux autres. Vous voyez peut-être des personnes qui travaillent, sortent, construisent leurs projets et semblent avancer normalement. Mais vous ne voyez pas leur histoire complète, leurs difficultés, leurs ressources, leurs soutiens ou leur parcours.
Votre chemin n'a pas besoin de ressembler à celui des autres pour être valable. La seule comparaison utile est parfois celle-ci : Où en étais-je il y a quelques semaines ou quelques mois ?
Même un petit changement compte. Pouvoir refaire une chose qui semblait impossible avant est déjà un signe d'évolution. Retrouver son énergie demande de la patience, mais surtout de la compréhension envers soi-même.
Vous n'avez pas besoin d'attendre d'être totalement rétabli(e) pour reconnaître vos progrès. Chaque étape compte. Chaque petit mouvement vers vous-même compte. Et surtout, une période difficile ne définit pas qui vous êtes.
7 - Quand demander de l'aide ? Vous n'avez pas à porter tout cela seul(e)
De nombreuses personnes attendent longtemps avant de demander de l'aide. Certaines espèrent que le temps arrangera les choses. D'autres pensent qu'elles devraient réussir à s'en sortir seules. Ou encore, elles ont peur d'être jugées, de déranger ou de reconnaître qu'elles ne vont pas bien.
Il n'est pas rare d'entendre : Il y a des personnes qui vivent bien pire que moi. Je vais finir par remonter la pente tout seul. Je dois être plus fort(e). Je ne veux pas embêter les autres avec mes problèmes.
Pourtant, demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse, mais de courage et des respect de soi-même. C'est souvent le signe que l'on commence à prendre soin de soi.
Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être au fond du gouffre
Beaucoup imaginent qu'il faut être complètement effondré pour consulter un professionnel. En réalité, plus les difficultés sont prises en compte tôt, plus il est souvent facile de retrouver un équilibre.
Vous n'avez pas besoin d'attendre :
- de ne plus réussir à sortir de chez vous ;
- de perdre totalement confiance en vous ;
- d'être épuisé(e) physiquement et moralement ;
- que vos relations, votre travail ou votre santé soient fortement impactés.
Vous pouvez demander de l'aide simplement parce que vous sentez que vous n'arrivez plus à avancer comme avant.
Certains signes méritent d'être écoutés
Il peut être utile de vous faire accompagner si, depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois :
- les choses simples restent extrêmement difficiles ;
- vous avez l'impression de survivre plus que de vivre ;
- la fatigue ne disparaît pas malgré le repos ;
- l'anxiété prend de plus en plus de place ;
- vous perdez confiance en vos capacités ;
- vous vous isolez progressivement ;
- vous avez le sentiment de tourner en rond malgré tous vos efforts.
Ces difficultés ne signifient pas que vous êtes faible. Elles montrent simplement que vous traversez peut-être une période qui mérite d'être accompagnée.
Se faire accompagner, ce n'est pas recevoir des conseils
Beaucoup de personnes hésitent parce qu'elles pensent qu'un accompagnement consiste uniquement à entendre des conseils généralisés. Bien sûr, certains conseils peuvent être utiles, mais un véritable accompagnement va bien au-delà.
Il permet de comprendre ce qui vous bloque aujourd'hui, d'identifier les mécanismes qui entretiennent votre souffrance et de retrouver progressivement un sentiment de sécurité intérieure.
L'objectif n'est pas de vous transformer. Il est de vous aider à retrouver les ressources qui sont déjà présentes en vous, mais auxquelles vous avez parfois du mal à accéder lorsque vous êtes submergé(e).
Vous n'avez pas à avancer seul(e)
Si vous vous êtes reconnu(e) dans cet article, sachez qu'il existe des solutions. Il est possible de retrouver progressivement de l'énergie, de reprendre confiance en soi et de sortir de ce sentiment d'être bloqué(e). Cela demande du temps, de la patience et parfois un accompagnement adapté. Et surtout, cela ne signifie pas que vous êtes condamné(e) à rester ainsi.
Vous méritez d'être écouté(e), compris(e) et accompagné(e) avec bienveillance.
Conclusion
Si vous avez lu cet article jusqu'au bout, c'est peut-être parce que vous vous êtes reconnu(e) dans ces difficultés. Peut-être que, vous aussi, vous avez parfois l'impression que tout est devenu plus compliqué. Que répondre à un message, faire des courses, prendre une douche, sortir de chez vous ou accomplir les tâches du quotidien demande une énergie que vous n'avez plus. Et peut-être que, comme beaucoup de personnes, vous vous êtes demandé : Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?
J'espère que cet article vous aura apporté une première réponse. Non, vous n'êtes pas paresseux(se). Non, vous ne manquez pas forcément de volonté. Et non, le fait que les choses simples soient devenues difficiles ne signifie pas que vous êtes incapable ou que vous ne redeviendrez jamais comme avant.
Lorsque le cerveau et le corps traversent une période de stress chronique, d'anxiété, d'épuisement ou de souffrance émotionnelle, ils peuvent fonctionner différemment pendant un temps.
Comprendre cela ne résout pas tout, mais cela permet souvent de remplacer une question douloureuse par une autre, beaucoup plus juste : De quoi ai-je besoin aujourd'hui pour retrouver progressivement mon équilibre ?
Et cette simple différence peut déjà changer votre manière de vous regarder. Retrouver son énergie, sa confiance et le plaisir d'avancer est rarement instantané.
C'est un chemin. Un chemin fait de petites étapes, de jours plus faciles, d'autres plus compliqués, mais aussi de progrès que l'on ne remarque pas toujours sur le moment.
Essayez de ne pas mesurer votre valeur à ce que vous êtes capable de faire aujourd'hui. Vous êtes bien plus que votre niveau d'énergie actuel ou que les difficultés que vous traversez.
Cette période ne définit pas qui vous êtes. Elle raconte simplement qu'aujourd'hui, une partie de vous a besoin d'être comprise, écoutée et accompagnée.
Vous n'êtes pas obligé(e) de traverser cette période seul(e)
Si vous avez le sentiment de tourner en rond, de ne plus savoir comment retrouver votre équilibre ou si vous souhaitez être accompagné(e) dans ce travail intérieur, sachez qu'il est possible de se faire aider.
En tant que thérapeute, j'accompagne des personnes qui traversent des périodes d'anxiété, de stress, d'épuisement, de perte de confiance ou de blocages émotionnels.
Chaque accompagnement est personnalisé, dans un espace d'écoute, de bienveillance et sans jugement, afin de vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez et à retrouver progressivement vos propres ressources.
Si vous souhaitez en savoir plus sur mon accompagnement ou prendre rendez-vous, je vous invite à me contacter. Nous pourrons échanger ensemble sur votre situation et voir si je suis la personne la plus adaptée pour vous accompagner.
Prenez soin de vous. Et rappelez-vous une chose : avancer lentement reste une façon d'avancer.
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